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Venir à bout du paludisme à travers la mise au point rapide de nouveaux outils

L’élaboration et le confortement de nouveaux outils de prévention et de traitement du paludisme nécessitent des recherches assidues qui visent à développer ces derniers et pour cela, il est indispensable d’accélérer les travaux de recherche-développement, seul moyen de parvenir à une preste éradication de cette maladie à l’échelle mondiale. C’est ce qui est indiqué dans un rapport du Groupe consultatif stratégique de l’OMS sur l’éradication du paludisme publié vendredi dernier, rapport qui relève que moins de 1% du financement de la recherche-développement dans le domaine de la santé est consacré à la mise au point d’outils contre le paludisme. Il y est mentionné également l’urgence – signalée par l’Organisation mondiale de la santé – d’avancer sur la voie de la couverture sanitaire universelle, d’ouvrir plus largement l’accès aux services et de renforcer la surveillance pour que la contre-offensive envers le paludisme soit plus ciblée. « Afin de libérer le monde du paludisme, nous devons redoubler d’efforts pour trouver des stratégies et des outils susceptibles de changer la donne et d’être adaptés au contexte local. Si rien ne change, nous progresserons plus lentement et nous allons même régresser », estime le président du groupe consultatif, le Dr Marcel Tanner. Le Groupe a publié le résumé d’orientation de son rapport en prévision du forum qui se tiendra le 9 septembre 2019 à Genève, sous l’égide de l’OMS, sur le thème « relever le défi de l’éradication du paludisme ». Toujours selon l’Organisation mondiale de la santé, et de la bouche de son directeur général le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, « l’éradication du paludisme à l’échelle mondiale serait l’un des plus grands succès dans le domaine de la santé publique. Avec de nouveaux outils et de nouvelles approches, nous pouvons faire de cet idéal une réalité » a-t-il déclaré. Les services de santé sont quasiment inaccessibles dans de nombreux pays, il faut savoir que dans les zones où la transmission du paludisme est modérée à élevée, seule une femme enceinte sur cinq peut obtenir les médicaments dont elle a besoin pour se protéger de la maladie. En Afrique, la moitié de la population à risque dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide et à peine 3% des personnes à risque bénéficient de la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations. Ce qui amène l’OMS à souligner qu’il faut avancer sur la voie de la couverture sanitaire universelle et renforcer les services de santé et les systèmes de prise en charge afin d’aplanir les difficultés financières qui constituent un obstacle à l’accès aux soins nécessaires pour les populations à risque et de permettre à chacun de bénéficier de la prévention, du diagnostic et du traitement du paludisme quand il en a besoin et là où il en a besoin. Pour le Groupe consultatif stratégique de l’OMS, on doit repenser les approches, et c’est ainsi que l’OMS et ses partenaires définissent déjà de nouvelles approches stratégiques pour combattre le paludisme. Dans ce sens, l’OMS et le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme a présenté en novembre de l’année dernière l’approche « D’une charge élevée à un fort impact », qui vise à accélérer les progrès dans la lutte contre le paludisme en ciblant 11 pays – 10 pays africains et l’Inde – qui supportent 70% de la charge de morbidité au niveau mondial. Cette démarche augmente les efforts des pays qui comptent éliminer le paludisme d’ici à 2020 en vue d’obtenir la certification, dans le cadre de l’initiative « E-2020  » de l’OMS. Il faut souligner que L’OMS a déjà certifié 38 pays et territoires exempts de paludisme. La lutte contre cette maladie nécessite de nouvelles technologies alors que la plupart des outils utilisés actuellement ont été mis au point au cours du siècle dernier, voire avant (moustiquaires imprégnées d’insecticide, insecticide à effet rémanent pour pulvérisation à l’intérieur des habitations, tests de diagnostic rapide et médicaments à base d’artémisinine). De nouveaux outils de diagnostic, médicaments et insecticides ainsi que de nouvelles méthodes de lutte antivectorielle prometteurs sont actuellement mis au point, à côté de traitements par immunisation passive, par exemple à l’aide d’anticorps monoclonaux. On signale que le premier vaccin antipaludique, le RTS,S/AS01 est maintenant disponible au Ghana et au Malawi, et qu’il le sera prochainement au Kenya.

Nadia Rechoud