TÉMOIGNAGE : « La maladie d’Alzheimer est une horreur, une tragédie »

« Quand j’ai témoigné, il y a quelques mois dans ce même journal, de l’état de santé de ma tante, j’étais loin de penser que ça aller se dégrader aussi rapidement, à tel point qu’elle est devenue méconnaissable ».

Zehira paraît abattue après avoir rendu visite récemment à sa tante Dahbia qui souffre de la maladie d’Alzheimer. La septuagénaire fait peine à voir, nous fait savoir la jeune femme qui ne peut s’empêcher, dit-elle, de se rappeler l’éloquence et l’intelligence de sa parente.

« Elle suscitait l’admiration de ses proches et de ses invités avec son sens de la conversation et de la répartie. On ne pouvait pas s’ennuyer avec elle, c’était toujours un plaisir de la rencontrer. Ma dernière visite chez elle, plus exactement chez un de ses fils, m’a anéantie. On a l’impression que ce n’est pas elle, que c’est une autre qui est là ».

Zehira déplore le fait que la vieille femme ne parle plus, si ce n’est de temps à autre un mot marmonné entre les lèvres, inaudible.

Elle raconte à quel point la malade a maigri, et comment elle se tient penchée sur un canapé. « Il est impossible de lui faire redresser le buste afin qu’elle cale son dos contre un coussin. Elle est effrayée lorsqu’on la force à se redresser et revient vite à sa position initiale, la tête presque contre les genoux ».

Notre interlocutrice se dit consternée par l’évolution de cette maladie jusqu’à briser l’existence des personnes qui en sont affectées. « Je n’ai pas pu retenir mes larmes lorsque je l’ai vu trainer les pieds quand son fils et sa belle-fille ont voulu la faire entrer dans le salon. Ils ont essayé de la faire marcher, mais elle n’arrive quasiment plus à mettre un pied devant l’autre­ ».

«  La maladie d’Alzheimer est une horreur, une tragédie », conclut Zehira.

Propos recueillis par Nadia Rechoud

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