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Table de l’iftar au Sénégal : Un « ndogou » tout en sobriété

Situé sur la côte Ouest du continent africain, le Sénégal est un pays où l’islam est prédominant. La religion musulmane y a été introduite au IXe siècle par les Almoravides lors de leur conquête mais c’est aux marabouts de quatre confréries, en l’occurrence la Qadiria, Tidjania, Layenia et Mouridia, que l’on doit la généralisation de l’islam dans ce pays, à partir du XIXème siècle.
Pour revenir à la pratique religieuse, les Musulmans sénégalais suivent le train de la modernité, tout en restant très attachés aux us et traditions culturelles et cultuelles héritées de leurs aïeux.
Ainsi, durant le mois de Ramadhan, les Sénégalais à l’instar des Musulmans du monde, observent le jeûne, et les maîtresses de maison redoublent d’imagination et de talent pour préparer durant ce mois une table de l’iftar garnie de plats oscillant entre cuisine traditionnelle et moderne.
Le moment de la rupture du jeûne au Sénégal est appelé « ndogou ». En famille ou entre amis, l’iftar est souvent un moment de convivialité, d’entraide et de partage. La table de l’iftar sénégalaise préparée, dans la plupart du temps, dans un esprit de sobriété, est composée de dattes, de lait et de rafraîchissements, fournissant à l’organisme, d’entrée, des glucides, des protéines, du calcium et toutes sortes d’autres vitamines et minéraux. Concernant les jus les plus appréciés, figurent le jus de bissap (hibiscus), une boisson désaltérante, source de beaucoup de bienfaits. Le bissap a, en effet, une action sur la tension artérielle, le diabète, la santé cardiaque ou le système urinaire. Il aide aussi à réduire le taux de cholestérol et les triglycérides, de même que c’est un excellent digestif et un bon tonifiant qui aide à lutter contre les coups de fatigue passagers. Outre le bissap, le Kinkéliba est une autre boisson consommée à l’heure de l’iftar. C’est une tisane à base de feuilles du Kinéliba qui se boit en infusion avec de l’eau chaude ou mélangée au lait. Cet arbrisseau présente de multiples vertus : digestive, cholagogue cholérétique, hépatoprotectrice, dépurative, antidiabète, anti-inflammatoire, antibatérienne ou fébrifuge.
Certaines familles sénégalaises, préfèrent rompre le jeûne avec un petit-déjeuner avec, au menu, du café au lait, du beurre, du chocolat et des omelettes, d’autres préfèrent consommer directement une soupe à base de maïs ou de semoule de mil et lait caillé. Cette bouillie est gorgée de vitamines et minéraux (vitamines du groupe B, vitamines C, D et E, glucides, protéines, phosphore, magnésium, fer, zinc, manganèse, cuivre, lipides,…), fibres…
Après la prière d’El Icha, ils enchaînent avec le dîner où le riz est au centre de tous les mets. Ainsi, le Thiep bou Dien, plat à base de riz, de légumes, de manioc avec du poisson ou de la viande, apporte à l’organisme fibres, vitamines, protéines, minéraux, acides gras essentiels (omega-3)…etc.
Si le Thiep bou Dien est considéré comme le plat national de la cuisine sénégalaise, un peu comme le couscous en Algérie, d’autres plats se disputent tout de même le palais gustatif des sénégalais, en ce mois de Ramdhan, comme le Mafé, un plat à base de poisson, gombo, carotte ainsi que les épices entre autre : cannelle, curcuma, paprika. Il est accompagné, selon les régions, de riz, couscous, fonio, patates douces…etc.
Pour le s’hour, certains Sénégalais se lèvent juste pour faire la prière et boivent un verre d’eau, tandis que d’autres prennent leur petit déjeuner voire même préparent diverses bouillies qui caleront leur estomac pour la journée.
Hassina A.

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