Situation des autistes en Algérie : Il reste encore tant à faire

Alors que la journée internationale de l’autisme est célébrée chaque 2 avril, cette année, en Algérie cette date a été marquée par l’organisation d’une journée scientifique de sensibilisation sur l’autisme, organisée par l’Etablissement hospitalier spécialisé en psychiatrie (EHS) d’Oued ssi (Tizi-Ouzou).

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont débattu de la formation d’un personnel spécialisé et de la coordination des efforts pour une meilleure prise en charge des autistes. Ainsi, le Pr Seddik Bekkou (pédopsychiatre à l’EHS Cheraga, Alger) fera savoir que l’Algérie compte « 16 services de pédopsychiatrie, dont 8 universitaires, 106 centres psychopédagogiques et plusieurs associations », déplorerant toutefois le fait que « chacun œuvre seul ». De ce fait, il insistera dans son discours sur « l’importance de la pluridisciplinarité pour améliorer le diagnostic, éviter des erreurs de diagnostic et donner une réponse très fiable aux parents par rapport à ce problème d’introversion ».

De son côté, le Pr Madjid Tabti dressera un état des lieux de l’autisme en Algérie, relevant au passage, l’importance d’une « approche pluridisciplinaire par des équipes constituées de pédopsychiatres, orthophonistes, psychométriciens, neuro-pédiatres, ophtalmologues et spécialistes en ORL, pour ne pas confondre les troubles de l’autisme avec d’autres troubles ou maladies telles que la cécité ou la surdité ».
Le Pr Bekkou et le Dr Nedri insisteront encore sur la nécessité d’un « dépistage précoce » « essentiel afin de mettre en place une prise en charge adaptée le plutôt possible ». Ladite prise en charge repose ajoutera, le Pr Bekkou « sur une démarche intégrative (scolaire, socio-professionnelle et sociétale) en proposant à chaque enfant une prise en charge en fonction de son état et de ses besoins spécifiques ».

Selon des chiffres fournis par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, « pas moins de 2.963 enfants autistes dont 465 bénéficient d’une prise en charge précoce (3-5 ans) dans 137 espaces au niveau de centres psychopédagogiques pour enfants handicapés mentaux répartis sur le territoire national ». La même source indique que « le secteur mobilise les moyens, les équipements et les ressources humaines spécialisées nécessaires pour la prise en charge de ces enfants », indiquant encore que « plus la prise en charge est précoce, plus l’enfant acquiert les compétences nécessaires lui permettant de s’adapter à son environnement et d’augmenter les chances de son intégration au sein d’un établissement scolaire normal ».

Concernant la prise en charge des enfants autistes dans un établissement scolaire, le ministère de la solidarité précise qu’il « œuvre en coordination avec le secteur de l’Education nationale, au développement de l’éducation intégrée, à travers l’ouverture de classes spéciales pour enfants autistes en milieu scolaire ordinaire ». Selon la même « 1.130 enfants inscrits au titre de l’année scolaire 2018/2019 ».

Kamir B.

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