Réapparition du choléra en Algérie : Le système de prévention à l’arrêt

Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, a indiqué aujourd’hui mercredi que la réapparition de l’épidémie du choléra est un signal qui renseigne que notre système de prévention est à l’arrêt. Le Dr Berkani a imputé cet état de fait à un environnement « qui s’est passablement dégradé ».

S’exprimant aujourd’hui mercredi durant l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le Dr Berkani a qualifié cette affection de « maladie des mains sales », et d’« une maladie moyenâgeuse oubliée par les praticiens », résultant, dit-il d’une « absence de prévention » de la part des autorités sanitaires.

En plus des comportements inciviques de citoyens, il pointe du doigt les autorités locales et les bureaux d’hygiène en particulier « qui ne maitrisent ni  ne contrôlent suffisamment leur environnement ».

Celui-ci tient par ailleurs à relever tout en le regrettant « l’oubli » de création d’une Agence de veille sanitaire dans la loi sanitaire adoptée récemment. Une telle structure est importante indique-t-il, pour déterminer la notion de risque en étudiant et en anticipant toutes les situations de propagation des maladies épidémiques et décider des conduites à tenir lors de leur éventuelle apparition.

Pour le Dr Bekkat Berkani, la prévention devrait être une seconde nature chez les citoyens, tout comme la propreté de l’environnement. A ce propos justement, il relève « l’état de saleté dans lequel se débattent nos villes et jusqu’à nos campagnes ».

En plus du choléra, « une maladie de pays en guerre », il relève, d’autre part, la réapparition, en Algérie, d’autres pathologies à l’exemple de la rougeole mais aussi de la rubéole, laquelle, ajoute-t-il, « cause des dégâts chez les femmes enceintes ».

Revenant à l’épidémie de choléra, il estime qu’elle est un indicateur, un « signal d’alarme » alertant que « notre système de prévention est à l’arrêt », d’où la nécessité de réagir.

En plus de la mise en branle d’un système de veille sanitaire, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins appelle à décentraliser les moyens de prévention et de lutte, à travers la création d’agences régionale de santé.

Tinhinane B.

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