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Ramadhan et consommation : Des habitudes qui défient le nouveau Coronavirus                                                       

Ils ont tout oublié, l’existence du Corona comme tout le monde l’appelle, les mesures de sécurité et la nécessité de distanciation sociale. Un seul souci occupe leur esprit, celui d’arriver à faire tous les achats avant l’heure du couvre-feu. En ces journées qui ont précédé le début du mois de Ramadhan, notamment la veille et en ce premier jour de jeûne, les citoyens semblent avoir vaincu le nouveau Coronavirus. Des files interminables se forment devant l’entrée des différents commerces.

Au milieu de la matinée, déjà, un nombre impressionnant de femmes –ce sont elles qui font généralement les courses– sont massées sur un côté de l’entrée de la supérette, quelques hommes sur l’autre côté, même lorsqu’il pleuvait. Les premiers jours, lorsque des mesures de sécurité commençaient à être prises par les autorités, il y avait une certaine crainte, et ces grandes surfaces (si on peut les appeler ainsi) affichaient un nombre de clients qu’elles pouvaient accueillir, avant de le doubler au vu du nombre de personnes en attente devant l’entrée.

Pratiquement « boudées » tout au long de l’année, les boucheries sont prises d’assaut, mais un cordon de sécurité sépare les clients du comptoir. Un nombre restreint de personnes peut y entrer, alors que la chaîne est à l’extérieur. Même chose devant les commerces qui proposent de la viande blanche et devant les boutiques de fruits et légumes et les boulangeries. Ces images font dire à certains que les Algériens n’ont pas peur de mourir du Coronavirus mais de faim. Mais là, c’est carrément la boulimie, les consommateurs n’ayant rien changé à leurs habitudes alors que nous sommes en pleine crise.

L’excuse avancée par certains, le couvre-feu qui oblige tout un chacun à s’approvisionner avant, d’où ces rassemblements disent-ils. D’ailleurs, beaucoup se demandent pourquoi, dans les quartiers, les magasins et les boutiques d’alimentation doivent-ils baisser rideau au début du confinement, certains commerçants le faisant bien avant pour être sûr d’être chez eux au moment de l’entrée en vigueur du couvre-feu.

Mais en même temps, s’ils restaient ouverts au-delà de l’horaire défini, il y a lieu de se demander si les habitants resteraient chez eux, s’ils ne trouveraient pas prétexte à quitter leur domicile. Déjà que le confinement n’est pas tout à fait respecté, jeunes et moins jeunes se rassemblent dans les couloirs des immeubles et même dehors à la tombée de la nuit.

 

Rachida Merkouche

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