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Quand la lutte contre la pandémie de Covid-19 est confrontée à l’indifférence

 

Le vœu le plus cher de toutes les populations à travers le monde est de se réveiller de ce cauchemar que représente la pandémie de Covid-19 et que celle-ci ne fasse pas plus de dégâts que ce qu’elle a fait jusqu’à maintenant. Mais il faut bien reconnaître que le virus ne se déplace pas et que ce sont les personnes qui en sont les vecteurs de transmission, d’où les incessants conseils quant aux gestes barrières.

En ce qui nous concerne, ce sont des conseils vains pour bon nombre d’Algériens qui, en dépit de la situation chaotique à laquelle nous sommes arrivés, continuent à faire fi des mesures préventives. Nous constatons, il faut le dire, que le port du masque est entrain de s’étendre, mais beaucoup continuent à négliger ce geste.

« En auto-confinement depuis presque deux semaines, je jette souvent un regard à travers ma fenêtre et à chaque fois mon souhait est que mes concitoyens soient conscients de la gravité de la situation actuelle », indique Yamina, une sexagénaire retraitée de l’enseignement. « Eh bien non, poursuit-elle, je constate de l’indifférence chez beaucoup, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Le grand problème aussi, ce sont les regroupements autour des vendeurs illicites qui ne se préoccupent pas des mesures de précaution ».

Ces vendeurs dont les camionnettes sont garées côte à côte dans les quartiers populaires, gênant le passage des habitants vers les immeubles, constituent un sérieux souci de l’avis de Brahim, un habitant d’un quartier situé à Bir Mourad Raïs. « Ils squattent tous les espaces, jusqu’au parking face au bâtiment, et ne respectent pas la distanciation entre eux. A certains moments, c’est la cohue autour d’eux », déplore-t-il.

Aziz, chauffeur de taxi, fait part de son inquiétude face à la hausse des cas, du nombre de décès parmi ses connaissances, et du relâchement dans son voisinage et parmi les clients. « Je vous le dis sincèrement, j’ai peur quand je vois des voisins atteints de Covid-19 sortir dans la rue comme si de rien n’était, et ma crainte est de transporter des personnes portant le virus en dépit de toutes les précautions que je prends».

Il souligne le fait que le masque est juste une formalité chez nombre de clients. « Je me suis arrêté devant un jeune homme qui m’a fait un signe et j’ai été étonné de voir que sa bavette sous le menton était sale, avec des traces de sauce en plus. Je lui en ai fait la remarque et j’ai refusé de le transporter », indique le chauffeur de taxi.

Nadia Rechoud