Propagation du moustique Tigre dans nos villes et cités: est-ce la faillite de l’urbanité en Algérie ?

L’alerte donnée par le ministère de la Santé à propos de la présence de foyers de propagation du moustique Tigre dans cinq wilayas, en cette  période de grandes chaleurs, amène à se poser la question sur les campagnes de désinsectisation par fumigation, une mission qui était dévolue en Algérie à une entreprise qui s’appelle l’Edenal (Entreprise de Désinfection et de Nettoyage d’Alger), devenue Spa et ayant une présence sur tout le territoire national.

Etant donné que le fléau du moustique Tigre est l’expression d’un problème d’hygiène et d’environnement, il convient de se demander par la même occasion ce que font les autres secteurs chargés de veiller à la santé et la sécurité des citoyens, sachant que les services de santé interviennent en aval pour le traitement des maladies et que la prévention se situe en amont et interpelle aussi bien le secteur de la Santé que celui des collectivités locales et de l’environnement.

Le cas des égouts éventrés ou carrément à ciel qui sont légion dans nos cités, voire nos sites réputés être des quartiers huppés, tels les résidences et les promotions immobilières, qui poussent comme des champignons en Algérie, pose en toile de fond, la problématique de l’absence de coordination entre les différents secteurs intervenant dans la construction des habitations et dans la gestion immobilière.

Les Assemblées populaires communales (APC), premier démembrement de l’Etat au niveau local, ne jouent plus le jeu. Outre l’absence de formation, voire de niveau d’instruction et de conscience de nombre de nos élus, l’absence d’argent rend les collectivités locales impuissantes face à des préoccupations qui relèvent de la salubrité publique. Il convient de rappeler que plus de la moitié des 1541 APC que compte le pays vivent des subventions accordées par l’Etat et n’ont aucune ressource propre.

Les élus ne disposent d’aucun cahier de charge fixant leurs obligations et les moyens à mettre en œuvre pour la réussite de leur mission. La coordination fait cruellement défaut entre les différents acteurs de la santé publique en Algérie : Santé, Urbanisme, Environnement, …etc. et c’est un fait très grave.

La vitesse à laquelle se propage aujourd’hui ce moustique vecteur de nombreuses et dangereuses maladies qui a nécessité l’évacuation vers les hôpitaux et les centres de soins de nombreuses victimes des piqûres du moustique Tigre, est l’expression de la faillite d’une gestion de notre espace bâti, et, au-delà de toute l’urbanité en Algérie.

Tinhinane B.

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