Pr Samia Chemali à propos du jeûne et du risque d’être infecté par le Covid-19 : « Des études ont prouvé que le jeûne renforce le système immunitaire »

Une question se pose à l’approche du mois de Ramadhan, parmi les populations dans les pays musulmans. Le fait de jeûner affaiblira-t-il nos défenses immunitaires en ces temps de pandémie de Covid-19 ? Faux, sur le plan scientifique, rétorque le Professeur Samia Chemali, chef de service de médecine interne au sein de l’Etablissement Public Hospitalier (EPH) de Rouiba.

« Est-ce que jeûner va aggraver la situation ? Le dernier mot revient aux autorités qui sont concernées », affirme le Professeur Chemali avant de poursuivre : « Mais moi je vais donner mon avis de médecin. (…) On va se poser une question (et s’interroger) est-ce que le jeûne va constituer un facteur prédisposant pour (le développement de) cette affection ? Est-ce que jeûner va nous fatiguer et affaiblir notre système immunitaire, ce qui nous prédisposerait à être contaminés par ce virus ? Moi je vous dis non. De nombreuses études scientifiques ont prouvé que, au contraire, le jeûne renforce le système immunitaire ». Elle évoque le Hadith du Prophète (QSSSL), avec lequel les études scientifiques convergent ces dernières années. « Soumou tassihou », ou en substance, « Jeûnez, votre santé en sera fortifiée ».

Le système immunitaire, affirme-t-elle, comme le soulignent les scientifiques en est renforcé. « Donc, il ne faut pas avoir peur. Mis à part les personnes qui ont une maladie chronique et pour lesquelles le jeûne est contre-indiqué, on observe le Ramadhan à l’instar de tous les musulmans. Il n’y a aucun problème » souligne-t-elle, ajoutant que « le problème se pose chez les personnes infectées par le nouveau Coronavirus, qui sont en réanimation ou qui ont une forme grave de cette maladie, qui sont en détresse respiratoire ou qui sont sous traitement. Je pense que là, la question ne se pose même pas ».

Quant à l’autre catégorie de ces malades, « ceux qui ont des formes légères à modérées, l’appréciation revient au médecin traitant. C’est (à lui) d’évaluer la gravité du cas ou pas. Est-ce qu’il y a des facteurs de risque de mauvais pronostic ? Des comorbidités ? C’est donc au médecin de juger, et si le malade a une forme légère et est sous traitement, je ne vois pas pourquoi je lui dirais de ne pas jeûner » fait remarquer le Professeur Chemali.

Rachida Merkouche

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