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Pr Salim Nafti, ex chef de service au CHU Mustapha, à propos du tabagisme : « Pas moins de 25 maladies menacent le fumeur »

En cette journée mondiale de lutte contre le tabac, le Pr Salim Nafti, adresse un message pertinent aux parents, aux enseignants et à la société civile, premiers remparts dans cette lutte contre ce fléau qu’est le tabagisme.

Selon le spécialiste « c’est une journée qui doit mobiliser tous les partisans de la lutte contre le tabagisme car c’est le seul moyen d’éviter les risques qui y sont liés. Ceux qui continuent à fumer s’exposent à des risques multiples ». Il indiquera à ce titre que pas moins de 25 maladies menacent le fumeur, « des maladies aussi et mortelles les unes que les autres » d’où l’importance d’arrêter de fumer si on ne veut pas les contracter.

Reconnaissant que « la nicotine est 25 fois plus addictive que la cocaïne » et qu’on peut « sevrer plus facilement un toxicomane à la cocaïne qu’un sujet asservi à la nicotine », le Pr NAfti avouera que c’est là le « défi relevé tous les jours ». Aussi, estimera-t-il « cette action ne doit pas être uniquement confinée au 31 mai, elle doit être pérenne et menée tout le temps ».

Revenant sur les sujets qui doivent être ciblés lors des différentes campagnes de sensibilisation, le Pr Salim Nafti fera savoir qu’outre les grands fumeurs, les enfants et les adolescents doivent bénéficier de davantage d’attention pour leur faire arrêter la cigarette mais surtout pour qu’ils ne commencent pas à fumer car « une fois que la nicotine circule dans le sang, ça devient problématique et très difficile ».

Selon lui, plusieurs intervenants doivent s’impliquer et mener de front cette lutte ardue et le médecin arrive en bout de course, lorsque le fumeur commence à avoir des problèmes de santé. Aussi, signalera-t-il « les parents, les enseignants, la société civile doivent être mobilisés pour qu’on ne puisse pas permettre l’accès à la cigarette aux enfants ».
Parmi les solutions proposées, « l’augmentation massive des prix des cigarettes pour que les prix des cigarettes soient inaccessibles aux petites bourses, et ces petites bourses ce sont celles des enfants, il faut également aller dans les écoles pour leur faire des séances d’éducation sanitaire et leur dire que la cigarette est nocive » et d’ouvrir une parenthèse pour s’offusquer contre ces enseignants qui demandent à l’élève d’aller leur chercher leur paquet de cigarettes. « Quoi de plus navrant que cette image, alors que l’enseignant doit participer à l’éducation de l’enfant et donner l’exemple », se désolera-til.

Enfin, et lorsque la sensibilisation atteint ses limites, le spécialiste considèrera qu’« il faut passer à la répression, en appliquant, par exemple, la circulaire interministérielle entre le ministère de l’éducation et celui de la Santé, qui interdit l’usage de la cigarette au sein des établissements scolaires donc l’enseignant doit s’abstenir de fumer, alors les élèves n’en parlons pas, qui interdit la vente de cigarettes dans un périmètre de 500 m autour des écoles et interdit la vente de cigarettes au détail, car son faible coût la rend accessible ».

Hassina Amrouni