Pr Rachid Belhadj : Les chiffres sont en baisse depuis l’Aïd mais la vigilance reste de mise quant à la rentrée sociale

Cette maladie semble être en régression au vu des derniers bilans donnés par les autorités sanitaires et selon des médecins qui y font face depuis près de six mois. Une vingtaine de jours après l’Aïd el kebir, la hausse des cas de Covid-19 que l’on craignait par rapport au déplacement des personnes durant cette fête religieuse et la promiscuité pendant le sacrifice du mouton n’a pas eu lieu. Ce constat est aussi celui du professeur Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale et directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha Bacha, qui a fait part de la situation épidémiologique actuelle au cours d’une interview qu’il a accordée à notre journal en ligne Esseha, et qui a souligné que « les chiffres sont en nette baisse » et que « la situation est maitrisable ». « Depuis l’Aïd el kebir, nous étions dans une situation observationnelle et ce qui est bien, c’est que le nombre de patients hospitalisés, le nombre de cas positifs et le nombre de demandes pour des lits ont nettement diminué ». Mais cela sera-t-il le cas après la réouverture (le 15 du mois en cours) des mosquées, des plages, des restaurants, cafés et autres commerces ? L’Algérie continuera-t-elle dans la baisse des chiffres ou du moins resteront-ils stables ? « Nous sommes toujours dans l’observationnel et nous saurons au-delà du 25 de ce mois s’il y aura un pic ou pas » a affirmé Pr Belhadj qui donne une autre explication à cette baisse du nombre de cas, affirmant que « durant cette période estivale, la population a diminué dans les grandes villes, notamment Alger, et le meilleur indicateur, c’est la circulation automobile qui a baissé ». L’intervenant fait toutefois part de la crainte des professionnels de la santé quant à la prochaine rentrée sociale et à une possible recrudescence des cas de Covid-19, ce qui nous interpelle sur la vigilance comme il le mentionne. Concernant cette infection en elle-même, l’intervenant a fait savoir que la méthode de diagnostic au CHU Mustapha Bacha est toujours la même : un examen clinique (par rapport à certains symptômes comme la perte de l’odorat et du goût, et parfois des formes digestives comme la diarrhée et les vomissements). « Ces patients bénéficient donc (…) d’un examen biologique et surtout d’un scanner. Si nous voyons que les lésions sont importantes, notamment chez les personnes âgées, nous les hospitalisons et au niveau des services, une PCR leur est effectuée. Le CHU Mustapha Bacha étant autonome (quant à ce type de test ndlr), les résultats de la PCR sont connus après 24 heures, au plus tard 48 heures, ce qui nous permet de prendre en charge correctement ces patients ».
Rachida Merkouche

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