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Pr Rachid Belhadj, chef de service médecine légale et président de l’Académie algérienne de développement des sciences médico-légales : « Nous devons tous être solidaires pour vaincre ce virus »

Sollicité nuit et jour depuis plus semaines, le corps médical se trouve depuis le début de cette pandémie au cœur de la bataille. Une bataille rude qu’il affronte vaillamment avec conscience, professionnalisme mais surtout courage. Au cours d’un entretien accordé à Esseha.com, le Pr Belhadj a, néanmoins, saisi l’occasion pour adresser un message à quelques éléments qui tentent de fuir leurs responsabilités dans ce contexte difficile en disant : « J’ai d’abord un message à transmettre au personnel de la santé, notamment à ceux qui nous déposent de faux arrêts de travail ou qui demandent des postes de travail aménagés, à ceux-là, je leur dit que ce n’est pas le moment ».

Tout en précisant que lui-même et d’autres collègues travaillent, sans relâche depuis plusieurs jours, de 7h du matin à 19h, en « s’exposant à un risque important », le Pr Belhadj estime qu’il n’est « pas normal que des collègues infirmiers ou médecins soient sur le terrain », tandis que « certains osent déposer des arrêts de travail ou d’autres encore viennent invoquer de faux prétextes » pour se soustraire à leur mission. « Moi-même, je suis hypertendu mais je suis là. Alors, s’il vous plaît, arrêtez de fuir vos responsabilités. En tant que professeur de médecine légale, je vous ai enseigné l’éthique médicale, le sens du sacrifice en médecine, le rôle du médecin dans des situations pareilles, donc pour moi, quand un médecin ramène un arrêt de travail ou qu’un médecin signe un faux arrêt de travail ou que quelqu’un trouve mille et une excuse pour s’absenter, ce n’est pas bon », lancera-t-il et d’ajouter : « c’est vrai, il y a des collègues qui ont des pathologies lourdes, là, on se solidarise entre- nous. Pourquoi, je dis cela, parce que la courbe est en train de monter ».

Revenant sur le fonctionnement de son service, marqué plus particulièrement par des cas de décès du Covid-19, le Pr Belhadj a assuré que l’hôpital Mustapha s’occupe de fournir une ambulance et quatre personnes de chaque famille peuvent venir récupérer la dépouille de leur défunt. « Je tiens à ce titre à saluer les personnes qui s’occupent de ces morts, en les mettant d’abord dans des sacs ensuite dans des cercueils, il est nécessaire qu’il y ait une solidarité, parmi eux, il y a des bénévoles dont je salue l’engagement ». Une mission qui n’est pas sans risque puisque, même après le décès, le danger de contamination demeure et ce, jusqu’à la mise en terre du défunt.

Pour ce qui est des sceptiques, ceux qui pensent que cette pandémie n’est pas réelle, le Pr Belhadj a rappelé : « la mort est là, elle est réelle. Il ne faut pas la sous-estimer ». Il a salué l’aide venant de partout, d’autant que dans pareille situation, le burn out peut vite survenir d’où la nécessité d’une aide psychologique qui peut s’avérer bénéfique pour le personnel médical qui vit pratiquement en confinement, loin des familles et proches. « Il faut que tout le monde fasse appel à son sens des responsabilités, médecins, infirmiers, administrateurs, agents d’entretiens…. ». Enfin, il a lancé un ultime message « aux collègues médecins spécialistes travaillant dans des structures périphériques, dans les polycliniques pour qu’ils viennent nous aider, surtout les infectiologues, les pneumologues, les internistes… Ne laissez pas le personnel des CHU, des EHS et d’autres hôpitaux dans le désarroi. Le Covid-19 est une réalité, les décès sont là. Tous les services sont ouverts pour prendre en charge les patients mais nous avons peur que le chiffre grimpe de façon dangereuse », a-t-il fait savoir et d’ajouter « enfin je demande aux gérants des hôtels d’aider à l’hébergement du personnel médical notamment ceux qui ne peuvent rentrer chez- eux ». C’est là encore une « question de solidarité», a-t-conclu.

Kamir B.

 

 

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