Pr Moussa Achir :  » Il n’y a pas eu mort d’enfants au service pédiatrie de Djillali Belkhenchir de Birtraria et les portes ne sont jamais fermées aux enfants malades « 

L’infection par le nouveau Coronavirus n’épargne pas les enfants, même s’ils ne sont pas systématiquement contaminés quand ils sont exposés au virus. « La Covid-19, on n’en parle que chez l’adulte et on a oublié l’enfant » fait remarquer dans une déclaration à notre journal en ligne Esseha, le Professeur Moussa Achir, chef du service de pédiatrie à l’EPH Djillali Belkhenchir de Birtraria.

Il souligne que les enfants représentent près de 1% des cas enregistrés. « C’est pour cela que nous n’avons pas insisté sur l’atteinte de l’enfant, celle-ci semblant rare. Mais ils peuvent quand même tomber malades, il faut donc absolument que les enfants soient pris en charge dans des services spécialisés ».

Le spécialiste déplore justement le fait que les structures destinées à cette frange au niveau des établissements hospitaliers leur soient inaccessibles depuis le début de cette pandémie. « Je ne comprends pas pourquoi certains services ferment leurs portes aux enfants. Ces services doivent ouvrir, je crois que le ministre de la santé a insisté sur cela. S’il était peut-être légitime de suspendre l’activité de façon transitoire, il n’est pas question de prolonger cette suspension au-delà du délai nécessaire ».

Pr Achir se montre contre la fermeture des services aux autres malades (patients non atteints de Covid-19), affirmant que, hormis « les interventions chirurgicales qui ne sont pas urgentes, ou les maladies qui peuvent être traitées quelques semaines ou quelques mois plus tard, «les services doivent rester fonctionnels pour assurer un minimum de santé pour la population algérienne ».

Il estime qu’«il n’est pas normal qu’une personne hypertendue ne soit pas vue par un médecin, que quelqu’un qui fait un infarctus ne soit pas pris en charge, ou que quelqu’un qui a une autre maladie ne soit pas traité ». D’où la nécessité de maintenir les services ouverts, dit-il, avec toutefois l’application de certaines règles et de certaines précautions.

« Le service de pédiatrie de l’hopital Djillali Belkhenchir de Birtraria n’a pas fermé ses portes aux enfants malades, nous ne pouvions pas le faire pour plusieurs raisons. Avant cette pandémie, le service accueillait en moyenne 250 enfants malades par jour ». Il faut compter en plus, indique-t-il, 250 mamans ou 250 papas et parfois les deux.

Il fallait donc prendre des mesures, ce qui a été fait à travers des tests à tous le personnel de la santé et même aux mamans garde-malades pour ce qui est des enfants hospitalisés. « Nous avons surveillé tout le personnel, nous avons fait beaucoup de tests, nous avons fait des PCR aussi au moment où il le fallait » signale Pr Achir en précisant qu’aucun médecin, paramédical, réceptionniste ou agent n’a travaillé en cas de contamination.

Il insiste aussi sur le fait qu’il n’y a pas eu de décès. « Je peux vous dire que nous n’avons perdu aucun enfant de Covid-19, nous n’avons eu aucun enfant atteint de Covid-19 pendant toute cette période, nous n’avons perdu aucun médecin et aucun infirmier n’est décédé de cette infection en dépit de cette lourde activité depuis l’invasion de cette maladie » assure-t-il.

Rachida Merkouche

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