Pr Mokhtari Hamdi Cherif : Les cas cancéreux augmenteront en Algérie, et voici les raisons !

Le professeur Mokhtar Hamdi Cherif, coordinateur des registres de cancer au niveau de l’est Algérien avancent des chiffres qui donnent froid au dos sur l’évolution du cancer dans notre pays.

Rien que pour l’année 2020, 50 000 nouveaux cas de cancer ont été recensés dont 27 000 chez les femmes et 23 000 chez les hommes, révèlent le professeur Hamdi Cherif, lors de son passage aujourd’hui sur les ondes de Radio Sétif.

Selon le spécialiste, les courbes d’évolution des cancers du sein, du colon et des poumons sont ascendantes. Le cancer du sein, par exemple, a augmenté de 7,5 % durant l’année 2020 avec 14 000 nouveaux cas. Et on s’attend à 17 000 nouveaux cas en 2025.

L’autre indication fourni par le coordinateur régional des registres du cancer est que 50 % des femmes atteintes de Cancer de sein ont moins de 50 ans.

Ce qui n’est pas dit ou presque est que les hommes sont aussi candidats au cancer du sein, surtout si le père a déjà subi l’affre de cette maladie.

Pr Mokhtar Hamdi Cherif révèle que le cancer du sein évolue à hauteur de 5% dans le monde. Il a déclassé le cancer du col de l’utérus
, en première position jusqu’en 1986,qui a pris une courbe descendante avec une réduction de 3,5 % par annee.

Les cancers du colon et de l’intestin occupent la première place chez les hommes avec une augmentation de 8 %, suivis du cancer du poumon. Le cancer de l’estomac connaît une rétractation dans le nombre de cas de l’ordre de 2,5 % par année.

La mammographie dès l’âge de 40 ans est la voie de salut pour les femmes si elles veulent s’épargner les affres du colon du sein. S’éloigner du tabac, faire du sport et l’activité physique, réduire son poids et manger équilibré réduisent de 50 % les facteurs d’atteinte de cancer,fait savoir le spécialiste.

Loin de la dramatisation, Pr Mokhtar Hamdi Cherif prévoit une augmentation de nombre de cancer dans les prochaines années. Il explique cette montée attendue par l’impact négatif de la pandémie sur le travail des services d’oncologie, la panne qui a touché une partie des accélérateurs linéaires dans certains centres anti Cancer, la faiblesse du recours au dépistage précoce et le manque de médicaments anti cancéreux. D’où l’importance de la réactivation du fond national de lutte contre le cancer, décidée dernièrement par le ministre de la santé.

Meriem Azoune