Pr Madjid Tabti : « L’examen du baccalauréat a lieu dans des circonstances particulières avec la Covid-19 »

Les examens de fin d’année sont une véritable épreuve, dans tous les sens du terme, aussi bien pour les candidats que pour les parents. Cette année, des circonstances qui dépassent les populations de la planète ont chamboulé la programmation habituelle de ces examens, sans compter l’interruption des cours depuis le début de l’épidémie dans notre pays (6 mois). Ce qui n’était pas pour aider les élèves à se préparer à ce grand rendez-vous, notamment l’examen du baccalauréat.

Le confinement était indispensable pour éloigner le spectre de la Covid-19, mais en même temps, il a eu un impact négatif sur les candidats, a relevé le Professeur Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l’EHS de psychiatrie Mahfoud Boucebci à Cheraga.

« L’examen du baccalauréat a lieu cette année dans des conditions particulières, comme en 2003 après le séisme qui a frappé Boumerdès et a touché la capitale, sauf que cette année avec la Covid-19 qui affecte le monde entier, il y a eu un report des épreuves du BEM et du Baccalauréat » a-t-il souligné dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha.

Il a mis l’accent sur le fait que cette situation sanitaire a bouleversé toutes les facettes de notre existence et que les élèves ont interrompu leur scolarité dès le début. « L’examen du baccalauréat ne se prépare pas en un jour ou en un mois, il faut au minimum 3 années, et nous savons que les familles algériennes donnent une valeur très importante au ‘’bac’’. C’est vrai, il faut le dire : qui ne souhaiterait pas que son enfant réussisse ? Mais l’excès dans leur exigence influe de manière négative sur leur fils ou leur fille. Si ont fait le calcul de toutes les retombées négatives de l’exigence des parents, de la société, du Coronavirus et du confinement sur les candidats au baccalauréat, nous saurons que ces derniers ne pourront pas avoir une préparation psychologique et technique à 100%».

Pr Tabti a indiqué, en tant que spécialiste des maladies mentales des enfants et des adolescents, que les candidats qui ont entre 15 et 17 ans sont encore des adolescents et sont « très difficiles à gérer ». « Beaucoup de parents trouvent des difficultés à contenir leurs enfants » a affirmé le spécialiste qui a souligné que ces derniers doivent bénéficier d’une attention particulière et que l’on doit leur donner une importance capitale.

« L’adolescent ne doit pas affronter l’examen avec une pression. Il peut être bien préparé mais il peut se bloquer s’il est stressé », conseille notre interlocuteur.

Rachida Merkouche

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