Pr Karima Achour, chef du service de chirurgie thoracique au CHU de BEO et présidence de la Société algérienne d’échinococcoses hydatique(SAEH) : « Il faut brûler les organes touchés par le kyste hydatique »

En cette veille de l’Aïd el-Adha, le Pr Karima Achour, chef du service de chirurgie thoracique au CHU « Lamine Debaghine » de Bab-el-Oued et présidente de la Société algérienne d’échinococcoses hydatique(SAEH), donne à travers Esseha.com, de précieux conseils à propos de la maladie du kyste hydatique.
Tout en indiquant que cette maladie sévit tout au long de l’année, le Pr Achour précise, néanmoins, que le débat sur cette maladie est remis au goût du jour à l’occasion de chaque Aïd el-Adha. A cette occasion, des citoyens découvrent, en effet, lors du sacrifice du mouton, que le foie, les viscères ou d’autres organes de la bête sont touchés par la maladie. Aussi, suggère avec insistance le Pr Achour : « contrairement à ce qu’ils ont l’habitude de faire, les gens doivent brûler les organes touchés par la maladie, pour éviter que les chiens n’en consomment, ce qui ne fera que perpétuer le cycle parasitaire ». Et d’ajouter encore : « il faut savoir que le kyste hydatique est une maladie qui sévit en Algérie. Il y a en ce moment, au sein de notre service, deux enfants qui ont été opérés du kyste hydatique, la semaine prochaine, on aura d’autres malades et c’est comme ça, tout au long de l’année. Donc, il faut prendre les précautions nécessaires ».
Expliquant le mode de transmission de cette maladie parasitaire, le Pr Achour fait savoir que le kyste hydatique « est véhiculé par le bétail mais ce sont les chiens qui le transmettent ». Aussi, pour rompre le cycle de vie du parasite « il faut éviter de jeter les organes porteurs de la maladie pour éviter que les chiens en soient contaminés. La vigilance reste de mise le jour de l’Aïd mais aussi tous les autres jours de l’année que ce soit au niveau des abattoirs ou quand on égorge un mouton à la maison » dit-elle avec insistance pour mieux faire passer le message.
Concernant la période particulière durant laquelle nous célébrons l’Aïd el-Adha, cette année, le Pr Karima Achour reviendra sur la nécessité de « rester encore plus vigilant vis-à-vis de la Covid-19 ». Elle assure que la « situation est actuellement à l’orange. Beaucoup de médecins ont été contaminés et donc s’il y a encore plus de cas de Covid-19 qui arriveront à l’hôpital après l’Aïd, à cause du manque de vigilance, nous serons dépassés, plus encore que nous ne le sommes aujourd’hui ». Et le Pr Achour d’appeler à un regain de solidarité avec les patients atteints d’autres maladies : « on ne s’occupe pas uniquement des cas de Covid-19, il y a aussi les autres malades dans une situation parfois graves qui nécessitent une prise en charge et si jamais, en plus de leur maladie, ils se retrouvent contaminés, leur situation ne peut qu’être critique », met-elle en garde.
Enfin, ne cachant pas son appréhension quant à cette période de l’Aïd, le Pr Karima Achour conseille aux Algériens de respecter scrupuleusement les gestes barrières. « Mon conseil, c’est de vous préserver car si vous vous préservez, vous nous préservez aussi avec vous », conclue-t-elle.
Hassina Amrouni

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