Pr Kamel Djenouhat : « On n’est pas à l’abri d’une deuxième infection par le nouveau Coronavirus »

 

Les cas de covid-19 reprennent à la hausse depuis une semaine, après avoir brièvement régressé et donné de l’espoir pour une courte durée. Si le ministre de la Santé et certains membres de la commission de suivi du Coronavirus assurent que nous en sommes toujours à la première vague, Pr Kamel Djenouhat, professeur en immunologie, chef de service du laboratoire central à l’EPH de Rouiba parle, lui, d’un recommencement et d’un second rush de l’épidémie dans notre pays.

« Nous sommes au démarrage de la deuxième vague et nous demandons aux citoyens de reprendre les mesures de prévention qu’ils ont délaissées » a-t-il affirmé dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha, énumérant les différents gestes barrières qui sont maintenant connus.

« Le virus est toujours là et cette fois-ci nous ne sommes pas à 100 cas par jour, la situation actuelle est telle qu’il est difficile, dans la plupart des hôpitaux, de trouver un lit d’hospitalisation pour un patient » a-t-il souligné, tout en s’adressant une nouvelle fois aux citoyens afin qu’ils « prennent en considération les mesures de prévention de cette maladie pernicieuse ».

Pr Kamel Djenouhat a répondu à une question sur la situation par rapport à l’immunité collective, indiquant que pour ce qui est des communes de l’Est d’Alger, une étude est effectuée sur la base de la sérologie des donneurs de sang avec un interrogatoire quant à cette maladie et à ses symptômes.

« Les résultats ont donné dans cette région un pourcentage oscillant entre 20 et 25% de citoyens qui ont été infectés par le nouveau Coronavirus pendant la première vague. Nous sommes donc très loin de l’immunité collective de 70% » a déclaré l’intervenant, nous apprenant même que l’EPH de Rouiba a enregistré dimanche dernier deux cas de réinfection.

« Il s’agit d’un membre du personnel de l’hôpital et de sa maman qui ont déjà eu le Covid-19. Nous leur avons fait un test PCR, elles sont toutes les deux positives.

Lors de la première vague, au mois de juin, c’était le premier épisode. Cette fois-ci, elles ont eu les mêmes symptômes deux jours auparavant, mais ces derniers ont été de moindre intensité que la première fois.

Malheureusement, elles n’ont été protégées que 3 ou 4 mois. Ce n’est donc pas une immunité durable ». Pr Kamel Djenouhat a de ce fait exhorté toutes les personnes qui sont guéries du Covid-19 à se méfier d’une réinfection parce qu’elle est possible.

« Tout le monde est exposé à cette maladie, que ce soit pour la première fois ou pour ceux qui ont déjà été infectés. C’est ce qu’on appelle la réinfection. On n’est malheureusement pas protégé et on n’est pas à l’abri d’une deuxième infection par le même virus » a-t-il déclaré.

Rachida Merkouche

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