Pr. Djamaleddine Nibouche à Esseha.com « Nous assistons à un véritable gradient Nord-Sud »

Pour quelles raisons l’Afrique a-t-elle été relativement épargnée ? L’Afrique n’a pas été épargnée puisque beaucoup de pays ont été infectés mais l’ampleur de l’épidémie est certainement beaucoup moins importante qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Nous assistons à un véritable gradient Nord-Sud. Il est trop tôt actuellement de pouvoir donner des explications qui seraient hâtives en l’absence de données épidémiologiques concrètes.

Je pense que le profil épidémiologique de l’Afrique ou du moins des pays maghrébins ne ressemble aucunement au profil chaotique des pays occidentaux. L’infestation, à un degré modéré de nos contrées secondaire à une mobilité réduite des personnes pour se répandre, a peut-être donné un profil épidémiologique lent et en plateau. Les mesures restrictives précoces prises par les autorités au tout début de l’épidémie et aussi peut-être le traitement aussi précoce à grande échelle à base de l’association « hydroxychloroquine + azythromycine » pourraient expliquer cette situation de stabilité en plateau et de régression de la mortalité. Les températures et le climat pourraient être aussi des facteurs. Il ne faut cependant pas crier victoire et rester hautement vigilant ne connaissant pas ce que nous réserve ce mystérieux et dangereux virus. Ce qui est certain, c’est que si l’épidémie se développe en Afrique, les conséquences pourraient être catastrophiques pour les populations en raison de systèmes de santé peu développés.

Quelle est la particularité du Covid-19, qui a mis littéralement le monde à genoux ? Le nouveau coronavirus d’origine zoonotique est apparu en Chine à la fin de l’année 2019 et s’est rapidement étendu dans ce territoire, affectant secondairement près de 100 pays dans le monde en mars 2020. Cette infection COVID-19 est secondaire à un virus appelé coronavirus 2 (SARS-CoV-2) par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), responsable d’un syndrome respiratoire aigu. Les caractéristiques épidémiologiques et cliniques de cette infection restent à déterminer. Le virus SARS-Covid-2 du Covid-19 se réplique 5 à 10 fois plus vite que celui du SRAS de 2003 et produit trois fois plus d’agents pathogènes.

Malgré cela, il induit une réponse immunitaire et inflammatoire beaucoup plus faible. La haute charge virale et cette faible réponse expliqueraient pourquoi autant de personnes très contagieuses propagent le virus sans le savoir. Ce virus a ébloui et surpris les scientifiques du monde entier par sa haute virulence et sa vitesse de propagation hors du commun. Beaucoup de pays ne s’attendaient pas à un tel scénario et les scientifiques ont été très naïfs vis-à-vis de ce virus. La maladie Covid-19 présente 2 phases, une première phase dite « infectieuse » durant moins d’une semaine pouvant être asymptomatique ou se caractériser par un banal syndrome grippal qui guérit spontanément, une 2ème phase dite « inflammatoire » survenant juste après et atteint la fonction pulmonaire.

Cette phase sévère peut emporter le malade surtout s’il est âgé (plus de 65 ans) ou souffrant de maladies chroniques comme l’hypertension artérielle ou le diabète. Elle épargne généralement le sujet jeune. D’autres complications, notamment thrombo-emboliques (embolie pulmonaire) peuvent emporter le malade. Le taux de mortalité est différent entre les pays en raison de la difficulté majeure d’avoir le taux exact de sujets infectés bien que le nombre de décès soit bien répertorié. Ce taux de mortalité associé au COVID-19 est estimé à dix fois plus élevé que celui de la grippe saisonnière selon l’organisation mondiale de la santé. Le SARS-CoV-2 n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Propos recueillis par Feriel B.

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