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Pr Asma Kerboua à Esseha : « Si on n’intervient pas, le taux de mortalité égalera le taux d’incidence des cancers »

 

Le cancer progresse toujours malheureusement et les chiffres sont là pour le montrer. Ce mois d’octobre dédié mondialement à la lutte contre le cancer du sein constitue une occasion pour faire le point sur cette pathologie de manière générale comme l’a souligné le professeur Asma Kerboua, chef de service unité homme au service d’oncologie du Centre Pierre et Marie Curie à l’hôpital Mustapha Bacha.

Dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha, Pr Kerboua a indiqué, en se basant sur le réseau national des registres des cancers que 42.000 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés en 2015, et qu’on compte actuellement environ 45 nouveaux cas.Les femmes sont plus touchées que les hommes, avec respectivement 26.000 cas et 18.000 cas.

Pour ce qui est du cancer du sein, elle a mentionné qu’environ 11.600 nouveaux cas ont été comptabilisés en 2015, alors que l’année dernière, le décompte a donné 14.000 nouveaux cas, un chiffre qui représente, a-t-elle affirmé, 40% des cancers qui atteignent les femmes.

Chez les hommes, le cancer colorectal occupe la première position avec 3.600 par an. Il est suivi du cancer du poumon avec quelques 3.000 nouveaux cas et au 3ème rang, le cancer de la prostate avec 2.000 nouveaux cas par année, a poursuivi notre interlocutrice.

« Si on se projette en 2025, nous allons atteindre à peu près 60.000 nouveaux cas de cancers » a souligné Pr Kerboua, affirmant que « le cancer devient un fléau en Algérie comme dans le monde d’ailleurs, et il va s’inscrire, chez nous particulièrement, parmi les nouveaux besoins prioritaires en santé publique ».

L’intervenante a indiqué que plusieurs facteurs sont en cause pour cette augmentation. « Cette tendance à la hausse des cancers s’explique d’abord par le vieillissement de la population, elle s’explique également par l’urbanisation, et enfin par le changement de mode de vie, notamment le mode alimentaire. Les habitudes alimentaires ont changé, et il y a l’occidentalisation du régime alimentaire. Nous mangeons plus gras et plus sucré et nous mangeons plus de viande rouge ».

Pr Kerboua a fait remarquer que l’absence de prévention et de diagnostic précoce, ainsi que l’absence d’introduction de nouveaux traitements aura pour résultat l’augmentation du taux de mortalité.

« Si on n’intervient pas, le taux de mortalité sera en parallèle avec ce taux d’incidence. Si on prend par exemple le cancer du poumon, on constate que son incidence augmente parallèlement à la prévalence du tabagisme » a-t-elle déclaré, ajoutant qu’«il est primordial de faire une prévention primaire ».

Cela doit passer notamment par l’élimination des facteurs de risque comme le tabagisme et l’alimentation riche en gras, en viande rouge et en sucre, a-t-elle souligné, préconisant les vaccins contre les virus carcinogènes ainsi que les exercices physiques.

Nadia Rechoud

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