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Pr Amina Abdelouahab, sénologue au CPMC : « Vigilance, la bataille contre le Covid n’est pas encore gagnée »

Rencontrée à la polyclinique « Mohamed Bellaredj », où elle était en consultation, le Pr Amina Abdelouahab est revenue sur la situation sanitaire que traverse le pays, soutenant que la vigilance reste toujours de mise car « la bataille est loin d’être gagnée ».

Le Pr Amina Abdelouahab s’est dit, en effet, étonnée de constater « un relâchement » dans le respect des règles de protection sanitaire. « A l’approche du ramadan, beaucoup de gens sont dehors pour faire leurs courses, à se saluer par des embrassades et des poignées de main, cela me fait peur car au cours des premières semaines de la propagation de ce virus en Algérie, les gens avaient peur et étaient davantage conscients du danger. Nous pensions que c’était une peur positive qui obligerait les personnes à rester chez-elles pour se protéger contre ce coronavirus et protéger aussi les autres. Mais cette dernière semaine, nous avons constaté un grand changement dans les habitudes de nos concitoyens, ils n’ont plus peur, peut-être parce que nous leur avons dit qu’en Algérie le Covid est stable. Nous voulions les rassurer mais la réaction n’est pas celle que l’on attendait. Les gens pensent que la bataille est gagnée, or, elle est loin de l’être, au contraire », s’est-elle étonnée.

Certes, l’Algérie a été parmi les premiers pays à adopter la méthode de confinement pour limiter la propagation du virus et « cette longueur d’avance sur les pays chez qui le confinement a commencé beaucoup plus tard comme les Etats-Unis », nous a jusqu’à présent évité le scénario italien ou espagnol mais l’inconscience de certaines personnes peut nous faire craindre le pire. Et c’est ce qu’a noté encore le Pr Abdelouahab en disant qu’: « il faut faire très attention, c’est en ce moment qu’il faut maintenir le confinement, la distanciation sociale, les mesures de précautions ». Pour ce qui est du port de la bavette, « il doit être indispensable. Nous devons tous en porter que l’on soit malade ou pas. L’erreur était de penser que seuls les malades devaient porter une bavette mais à l’heure actuelle, on sait qu’il y a des porteurs sains qui peuvent être contagieux donc à partir du moment où une personne n’a pas fait le test, elle doit sortir avec une bavette ».

Concernant les malades chroniques et certains atteints de cancer, le Pr Abdelouahab a avoué qu’ils ont été un peu « délaissés un peu contre notre volonté, en raison de la situation actuelle car le danger réel c’est, aujourd’hui, le Covid » mais elle a, néanmoins, attesté que les consultations pour la détection de nouveaux cas de cancers sont toujours assurées. Quant aux « cancéreux qui sont en rémission, nous leur demandons de ne pas se déplacer en cette période de pandémie pour ne pas aggraver leur situation », a-t-elle fait savoir, ajoutant également que « les malades chroniques peuvent, par ailleurs, appeler leur médecin et avoir un avis sans se déplacer. A ce titre, même les pharmaciens sont à saluer car les patients peuvent obtenir leur traitement en présentant seulement une ancienne ordonnance, ce qui facilite beaucoup les choses », a-t-elle dit en conclusion.

Hassina Amrouni

 

 

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