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Pr Abderrezak Bouamra, chef de service au CHU de Blida : « Les personnels les moins formés sont les plus touchés par la Covid-19 »

 

« La wilaya de Blida était considérée comme l’épicentre (de l’épidémie de nouveau Coronavirus ndlr), il était intéressant de réaliser un travail dans l’objectif d’identifier la séroprévalence des personnels de santé, c’est-à-dire ceux qui ont été en contact avec la Covid-19 » indique Pr Abderrezak Bouamra, chef de service d’épidémiologie et de médecine préventive au CHU de Blida.

Dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha, Pr Bouamra souligne qu’une séroprévalence a été estimée auprès de 2.753 éléments des personnels de la santé dans le cadre de ce travail réalisé en collaboration avec l’Institut Pasteur. Pendant cette « enquête (qui) a duré 4 mois » et sur les 2753 éléments, « 470 employés ont été testés positifs, c’est-à-dire qu’ils étaient en contact avec la Covid. Donc, la prévalence estimée était de 17,1%. Autrement dit, pour 100 personnels soignants exerçant au CHU de Blida, 17 étaient en contact avec la Covid ».

L’intervenant poursuit en précisant que la répartition de cette séroprévalence entre les deux sexes était homogène. Les personnels des deux sexes ont été affectés de la même façon affirme-t-il, mais pas en termes d’âge. « Les classes d’âge les plus touchées étaient celles se entre 45 et 49 ans et 50-54 ans, et aussi les classes d’âge entre 20 et 24 ans. Elles avaient respectivement 20% ».

Il en vient à la péréquation de cette séroprévalence entre les catégories professionnelles telle que révélée par l’enquête en question. Pr Bouamra a fait remarquer que celle-ci était disproportionnée et que les catégories professionnelles les plus atteintes par la Covid-19 étaient beaucoup plus celles des paramédicaux, des agents de service, des médecins généralistes et des pharmaciens.

« Cependant, la catégorie professionnelle la moins touchée était celle d’enseignants, c’est-à-dire celle du maître assistant et plus ». Quant aux services, il souligne que « le premier service le plus touché est le service d’épidémiologie puisqu’il réalise des enquêtes auprès des services Covid. Les autres services sont le service de chirurgie et le service de gynécologie.

Quant au service de réanimation, son personnel était bien protégé, il avait une séroprévalence de 17%. »

A propos de l’intérêt de cette enquête, Pr Bouamra mentionne qu’elle « permet plus de définir des stratégies pour protéger le personnel de santé ». Il poursuit en expliquant qu’à travers les résultats de l’enquête dont le chiffre est élevé comme il le reconnaît, il en ressort « que le niveau d’instruction du personnel le plus touché, c’était surtout le niveau d’instruction le plus faible, d’où l’intérêt d’une formation » pour ces catégories de personnel.

Rachida Merkouche

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