Pourquoi la CNAS refuse le remboursement des sondes ?

L’accès à l’auto-sondage par des sondes lubrifiées destinées généralement aux blessés médullaires, dont le nombre avoisine les 19 000 cas et à des enfants atteints de Spina Bifidia ainsi que des personnes ayant un mauvais fonctionnement de la vessie, n’est pas garantie à l’ensemble des patients. Si certains ont les moyens de payer leurs sondes, ce n’est pourtant pas le cas pour tout le monde. La  question qui se pose pourquoi, les services de la sécurité sociale (CNAS) refusent, malgré l’appel incessant des urologues et  médecins rééducateurs, le remboursement de cet objet médical ?

C’est d’ailleurs, ce qu’a soulevé avec « regret » le Dr Bennamoune Kamel, exerçant dans un hôpital du rein à Constantine, en marge de la tenue du congrès commun de la Société Algérienne de Chirurgie Urologique « SACU » La Société Algérienne d’Urodynamique et de PelviPérineologie « SALUDPP », durant deux journées consécutives, le 13 et le 14 Avril dernier, à l’Hôtel El Aurassi.

Le Dr Bennamoune  a tenté de décrire la souffrance de ces personnes   qui ont besoin de cet objet pour vider  correctement leur vessie, notamment ceux qui n’ont pas les moyens, et ce en connaissance de cause, puisque lui-même est confronté à cette méthode d’auto sondage  en raison de sa maladie. Il faut savoir, dit-il, que les blessés médullaires et les enfants spina bifida ont une fréquence de sondage de 4 à 6 par jour.  Sachant qu’une sonde lubrifiée  est cédée entre 250 à 300 Da, ce qui contraint le patient à débourser une moyenne de 40.000 Da par mois.

Le spécialiste a tenu à affirmer qu’à l’époque les malades n’avaient pas le choix, il y avait que des sondes collées au corps du malade pour une durée de 15 jours, en la vidant chaque fois qu’elles se remplissent. Et ce, avec toutes les complications qu’on peut avoir, car le risque de développer une infection est étroitement lié à la durée du sondage et à l’utilisation fréquente d’une seule sonde pour une longue durée.

Aujourd’hui, témoigne-t-il  « il y a des sondes qui permettent aux malades d’effectuer un auto-sondage intermittent propre (des sondes jetables) permettant à la personne d’avoir une vie normal  avec une possible intégration sociale et professionnelle » le spécialiste affirme qu’avec ses moyens «j’ai pu avoir une vie normal , je me déplace partout sans aucun problème , je voyage et  je mène une vie familiale et professionnelle sans grande difficulté »

Le  Dr Bennamoune lance un appel aux services de sécurité sociale  pour le remboursement des sondes lubrifiées pour auto-vidange de la vessie, en précisant que « ces sondes ne sont  pas «un luxe». Il souligne que «  L’auto-sondage préserve le patient de toutes les complications de la rétention urinaire, notamment les  complications liées à des infections urinaires récidivantes reflux vésico-rénal, prostatite » Autrement dit, l’auto-sondage  intermittent propre peut préserver la fonction rénale et même le pronostic vital des patients.

Notre interlocuteur prévient en affirmant que certains paraplégiques, par manque de moyens recourent à des moyens moins couteux pour la vidange de leur vessie, avec le risque d’avoir de graves complications, qui mènent parfois à la mort.

Khedaoudj Nedjari

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