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« Notre métier de paramédical souffre d’indifférence et de manque de discernement »

Leur activité suscite moult réflexions, tantôt justifiées, tantôt relevant des préjugés. Qui d’entre nous n’a pas eu affaire à des infirmières et des infirmiers dans une quête d’accès à des soins appropriés. Le retour d’écoute est dissemblable mais l’idée que l’on a d’eux de manière générale est quasiment partagée au sein de la population. « Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne », fait remarquer Zahida qui indique qu’elle prend à cœur son métier mais qu’elle a du mal à l’exercer comme il doit l’être en raison de certains obstacles. Il y a d’abord le manque de considération dont se plaignent les paramédicaux qui ne se sentent pas faire partie de cette grande corporation dédiée à la prise en charge du malade. « Une partie du travail repose sur nous mais nous ne sommes pas considérés en tant que tel. Nous constatons d’ailleurs que notre métier est moins attrayant qu’avant ». Zahida ne passe pas outre une autre problématique, la formation et la mise à niveau par rapport aux évolutions que connaît ce métier de par le monde. Elle estime que l’on a une piètre idée de cette profession qui, aux yeux de tous, est stagnante du jour où l’on prend son poste. « Vous devez panser une plaie, changer les pansements, faire une injection, obéir à la demande d’un médecin de donner un comprimé à un patient pour faire baisser sa tension ou de placer un masque à oxygène, des gestes relevant d’une routine entretenue du fait d’un manque de discernement ». L’absence de moyens même les plus basiques se posent également nous dit notre interlocutrice. « Tout ceci est décourageant, vous pouvez d’ailleurs voir que certains parmi nous agissent en automates dans l’exercice de leurs activités, dépités par l’indifférence qui entoure notre métier. Au final, cela se répercute sur notre relation avec le patient » déplore-t-elle.
Rachida Merkouche