« Notre enfant est décédé mais la dette contractée pour sa prise en charge demeure »

« Mon fils unique est mort il y a deux ans d’une tumeur au cerveau ». Bahia demeure inconsolable, elle raconte sa peine à qui veut lui prêter l’oreille et compatit avec elle. Elle confie que le diagnostic a été telle une foudre pour sa famille. « Mon fils Hacène ne s’attardait pas sur le motif de ses maux de tête, jusqu’au jour où cela devenait pénible et qu’il lui a été demandé de faire un scanner. Là, c’était la stupeur, l’effroi, la fin de tout, pour moi, pour son père et pour sa sœur. L’examen a révélé une tumeur cérébrale ». La famille n’a pas tourné en rond pour attendre une hypothétique prise en charge, la mobilisation a vite commencé pour ne pas perdre davantage de temps, comme le déclare la maman. Le jeune homme de 31 ans devait absolument subir une intervention chirurgicale à l’étranger. Nous avons dû solliciter des proches afin qu’ils nous prêtent de l’argent et que nous puissions réunir la somme nécessaire. Ma fille a vendu son unique bien, la parure en or que je lui avais achetée ». L’opération chirurgicale n’a pas été un succès, la maladie de Hacène avait atteint un stade très avancé. Il rentre au pays, les tourments de la famille étaient immenses. « Je voyais mon fils s’éteindre peu à peu, jusqu’au jour où il a rendu son dernier souffle ». Comme un malheur ne vient jamais seul, les parents ont dû se rendre à l’évidence qu’il fallait penser au remboursement de leurs dettes. « Une somme colossale » confie Bahia. « Il est vrai que certains parmi nos créanciers ont pris sur eux de ne pas réclamer leur dû, mais les autres attendent d’être remboursés. Ils ne nous ont pas mis le couteau à la gorge, mais nous devons nous acquitter de nos dettes ».

Nadia Rechoud

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