Médicaments : les raisons des ruptures récurrentes selon Dr Abed Fayçal

 

Les professionnels de la santé font part de plus de 250 médicaments indisponibles dans les pharmacies depuis des mois. « Cette rupture de stock des médicaments date de 2009, l’année où on a enregistré 65 produits indisponibles, mais elle s’est accentuée au fil des années pour atteindre son pic en 2019 », précise Dr Abed Fayçal, pharmacien privé installé dans la wilaya de Sétif et membre du syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO).

Pour le pharmacien, des produits essentiels sont en quantités insuffisantes comme c’est le cas pour lovenox, la vitamine D, des corticoïdes et beaucoup d’autres. Face à cette situation, les patients recouraient à leurs proches installés à l’étranger ou publiaient des annonces sur les réseaux sociaux pour se procurer leur traitement.

« Les pharmaciens et les patients se retrouvent dans une situation d’impuissance » avoue notre interlocuteur ajoutant que « la situation est devenue inquiétante ». Selon lui, plusieurs facteurs sont derrière cette pénurie.

Dans sa lecture faite au journal Esseha, Dr Abed estime que le phénomène de la rupture récurrente des médicaments « est une problématique qui dépend de plusieurs facteurs dont la production, la prescription et l’importation ».

Il expliqua « en Algérie, il y a trois produits pharmaceutiques, à savoir, les produits importés, les produits mixtes dont la matière première et importé et ceux fabriqués localement et chacun a ses particularités ».

« La situation sanitaire a eu un impact négatif sur l’importation de plusieurs produits pharmaceutiques et pour la même raison la production des produits mixtes fabriqués dont la matière première est importée a beaucoup diminué » a-t-il précisé avant d’enchainer « nous comptons beaucoup sur le nouveau ministère délégué dédié à l’industrie pharmaceutique pour une meilleure gestion du secteur, notamment le problème de la rupture des médicaments , pour mettre terme aux lobbys et à la bureaucratie qui sont des obstacles pour les investisseurs locaux».

Un autre problème s’ajoute à la pénurie, celui des prescriptions des confrères médecins des molécules mères pour les malades et qui sont en rupture depuis des années.

« Des médecins mettent en doute l’efficacité des médicaments génériques, alors que dans plusieurs pays, à l’exemple de l’Allemagne, la France et l’USA, plus de 65 % des produits sont des médicaments génériques ».

De Sétif, Malak Mellah

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