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Malika rejetée par sa famille : Le coronavirus est derrière son drame

La covid-19 ne fait pas que tuer des personnes. Il est à l’origine de drames sociaux insoupçonnables. Des familles jusque-là soudées par des liens très forts se sont déchirées depuis l’apparition de cette pandémie sans merci.

Malika, 31 ans, est une femme qui est ,aujourd’hui, au bord de la dépression. Mère de deux enfants en bas âge, elle s’est vue du jour au lendemain excommuniée par sa propre famille. Ses parents, ses frères et sœurs lui interdisent toute communication avec eux. Leurs portes lui sont carrément fermées. Et ils jurent de ne plus reprendre langue avec elle. La cause principale est ce maudit virus.

Ne vous emballez pas ! C’est pas qu’elle a contracté le virus. Non ! Malika est une femme hypertendue, son mari, 5 ans plus âgé qu’elle, traine depuis huit ans un diabète insulinodépendant. Autrement dit, des sujets à haut risque en cas de contamination. Depuis le début de la 3eme vague, ils se sont imposés une restriction de sortie de chez eux sauf pour commissions. Ils ont peur pour eux même et surtout pour le sort de leurs petits anges en cas de drame. Mais trois jours avant le mois d’août, le téléphone sonne. Au bout du fil, la maman de Malika appelle pour l’informer que le mariage de sa sœur cadette est prévue pour le 06 août et que la nouvelle famille alliée en a décidé ainsi.

Malika a tenté d’expliquer à sa maman que cette fête est une folie, qu’elle est même une action interdite par les autorités et que ça risque d’engendrer des drames à cause des risques de contamination. La maman n’a pas voulu entendre raison. Elle a intimé l’ordre à Malika de rejoindre au plus tôt la maison parentale pour participer aux préparatifs, surtout que la famille alliée les  a pris au dépourvu.

Malika a opposé un niet catégorique, arguant qu’elle ne peut en aucun cas être présente à cette fête, vu son état de santé et celui de son mari.

Le soir, ce sont, son père, ses frères et ses sœurs qui se sont relayés au téléphone pour la presser de venir, faute de quoi les ponts seraient définitivement rompus. Malika, puis son mari, ont beau essayé de leur faire comprendre que ce serait un suicide l’organisation d’une fête en ces temps de variant très meurtrier, mais la famille est restée campée sur sa position : venir ou rompre.

Malika dit que la fête s’est déroulée comme prévue mais elle, et son mari, ne s’y ont pas rendus. Ils ne pouvaient pas prendre ce risque majeur.

La pauvre femme qui a bien mesuré le risque viral n’a pas pour autant estimé le degré des conséquences de son geste, pourtant raisonnable et civique. Deux jours après la fête, elle s’est rendue chez ses parents et que n’était sa surprise de voir sa maman lui fermer la porte sur le nez. Elle l’a beau suppliée de lui ouvrir la porte et lui expliquer, sans résultat. Elle n’avait comme réponse qu’un chapelet d’injures d’une de ses sœurs derrière la porte fermée.

Le soir alors qu’elle était dans sa chambre, joues mouillées de pleurs, raconte encore Malika,  le téléphone sonne. C’est son frère, deux ans moins âgé qu’elle. Elle décroche vite croyant avoir un mot de consolation. « Ecoute-moi bien fille de mon père et de ma mère, et non pas ma sœur ! Si tu tentes de remettre tes pieds une autre fois dans le périmètre où nous habitons, je ferai de tes rejetons des orphelins. Tu n’es ni de notre famille ni t’as intérêt à le supposer. T’as fait le choix d’écouter ton crétin de mari, assume-le ! », rapporte Malika en sanglots.

Les jours passent, Malika ne sait à quel saint se vouer. Elle ne sait que faire ni quoi faire. Elle prie chaque jour que ses parents reviennent à la raison. Elle a un seul espoir : Que son oncle maternel, émigré en France, rentre bientôt pour tenter de mettre du baume dans le cœur de ses parents. « C’est ma seule bouée de sauvetage. Khali Rabah est très respecté de mes parents. Il vit en France et je suppose qu’il est suffisamment sensibilisé sur les risques encourus en allant à une fête collective avec des maladies chroniques. J’espère qu’il trouvera les mots justes et l’autorité morale suffisante pour régler ce malentendu.», avoue Malika en fixant le ciel d’un regard plein de tristesse. 

Nora S.