« L’ophtalmologue a voulu me faire croire qu’une intervention par laser dans son cabinet était nécessaire »

« Ayant une myopie et étant porteuse de lentilles de contact, je suis tenue de me soumettre à des contrôles réguliers en ophtalmologie » annonce Zina au début de son témoignage avant de relater les méfaits d’une spécialiste qui a voulu l’arnaquer en lui certifiant qu’elle devait subir des séances de laser. « J’étais sa patiente depuis que l’optométriste – chez lequel j’achetais mes lentilles de contact – a décidé de ne plus assurer les contrôles (cela se faisait il y a de nombreuses années) et nous a orientés, l’ensemble de ses clients et moi-même, vers une ophtalmologue. Je me rendais donc régulièrement dans son cabinet et celle-ci procédait le plus normalement du monde aux examens oculaires dont j’avais besoin ». Jusqu’au jour où, la voyant dans la salle d’attente, elle lui pose une question et lui paraît étrange. « J’étais la seule, comme elle ouvre tôt, j’ai voulu hâter mon contrôle et partir à mon travail. Dès qu’elle m’a vue, elle m’a demandé si elle ne m’a pas dit auparavant que je devais subir une intervention par laser. Je lui ai répondu que non. J’étais étonnée mais j’ai pensé qu’il y avait confusion. Il devait s’agir de quelqu’un d’autre, d’autant plus qu’elle m’avait dit un jour, pendant qu’elle procédait à un fond d’œil, que la bonne santé de mes yeux et la netteté du fond d’œil sont bons pour une photo (textuellement) ». La certitude de Zina qu’il s’agissait d’une confusion et que la spécialiste allait reconnaître son erreur a été de courte durée, cette dernière allait valider un diagnostic qu’elle avait commencé à distance, au grand désarroi de sa patiente. Elle n’a fait part d’aucune hésitation et a donné sa sentence au commencement du contrôle, fait remarquer notre interlocutrice. « Le fond d’œil est un procédé qui requiert du temps, on sent que l’appareil optique est tourné dans tous les sens et cela parait interminable. Le diagnostic ne se fait pas à la hâte. Je l’avais déjà fait chez cette ophtalmologue et elle avait pris tout son temps, contrairement à ce jour-là où elle a décidé que je devais subir un laser. Au commencement du fond d’œil, elle m’a dit qu’hélas elle confirmait ce qu’elle m’a dit dans la salle d’attente, d’abord pour un œil puis pour l’autre, laissant entendre que j’avais des lésions au niveau des deux yeux ». Zina se sentait malheureuse, mais elle devait s’y conformer si elle ne voulait pas avoir des complications. Mais une autre surprise l’attendait. La spécialiste lui a donné rendez-vous pour l’intervention dans son cabinet, parce qu’elle avait acquis un équipement, lui précise-t-elle. « Cela m’a aussitôt interpellée. Tout ceci était-il justifié par le simple fait qu’elle avait acheté un équipement pour laser ? J’ai commencé à douter et j’ai demandé un deuxième avis dans un cabinet d’ophtalmologie connu au centre de la capitale. Deux, parmi le groupe de spécialistes qui y exercent, ont fait l’un après l’autre un examen et on infirmé le diagnostic de celle qui était mon médecin traitant. Il n’y avait pas de lésions et je n’avais pas besoin d’intervention par laser. J’avais déduit que cette ophtalmologiste avait pour objectif d’amortir le prix de son nouvel équipement et j’espère aujourd’hui qu’elle n’a pas fait de victimes. Cela remonte à de longues années, mais je veux que mon témoignage serve d’exemple. Il faut toujours un deuxième avis, surtout lorsqu’il s’agit d’une opération délicate. J’ai encore à l’esprit cette femme (vue dans un reportage) qui a perdu un œil à cause de pratiques qui cachent à peine l’appât du gain ».

Propos recueillis par Rachida Merkouche

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