Les punitions corporelles et leur répercussion sur la santé morale et physique de l’enfant : la violence engendre la violence

Sous prétexte que c’est un bon moyen pour éduquer leurs enfants et se faire entendre, de nombreux parents recourent aux châtiments corporels, leur infligeant des coups plus ou moins violents. Mais que savent-ils des conséquences de leur attitude sur la santé morale et physique de leur progéniture ? En ont-ils conscience ? Vraisemblablement non puisque, dans leurs discussions sur les punitions corporelles, nombreux sont ceux qui soutiennent que celles-ci (les punitions) sont mêmes nécessaires pour « dompter » leurs gamins. Toutefois, pour les spécialistes en psychologie, il en est autrement quant aux effets de la brutalité exercée sur les petits et même sur les adolescents. A l’origine déjà, le coup est donné pour faire mal. Celui qui l’assène ne peut pas prétendre qu’il n’avait pas l’intention de provoquer la douleur. Les coups qui s’abattent sur le corps d’un enfant sont donnés par un adulte, et qui plus est, sous l’impulsion de la colère et de la nervosité, et la force avec laquelle ils sont donnés est ressentie par l’enfant comme des rocs qui tombent sur lui. L’effet est double, il y a la douleur même temporaire ressenti sur l’organisme, et il y a la douleur permanente qui agit sur le mental. Il n’y a pas débat sur la question dans notre pays alors que même les enseignants et les directeurs d’écoles s’octroient le droit d’infliger des châtiments corporels (bien que cela soit interdit par la tutelle), mais sous d’autres cieux le problème est soulevé par des psychologues qui estiment qu’en plus d’être inefficaces, ceux-ci (les châtiments corporels) sont un coup au moral de celui qui les subit : troubles émotionnels, perte de confiance, humiliation, stress et agressivité, la violence engendrant la violence. Ce n’est évidemment pas systématique, mais l’enfant ou l’adolescent peut devenir à son tour nerveux à l’âge adulte et agir sous l’influence de la colère. Il pourra même vanter cette façon d’éduquer en affirmant qu’il ne sert à rien d’expliquer à l’enfant et qu’on ne peut pas en attendre d’être obéi sans le frapper, tout en ayant du ressentiment à l’égard de ses parents lorsqu’il évoque les gifles et les coups qu’il a reçus pendant son enfance et son adolescence. D’ailleurs, certaines mamans réagissent face à des enseignants qui ont la main lourde (et même le pied) en leur disant qu’elles seules peuvent frapper leur enfant.

Nadia Rechoud  

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