Les automobilistes bloquent impunément les accès aux trottoirs pour les personnes en fauteuil roulant

L’accès aux lieux publics pour les personnes handicapées a toujours constitué l’une de leurs revendications. Certes elle est rendue plus aisée en ce qui concerne les bâtiments des administrations mais malheureusement cela n’est pas encore généralisé à tous les édifices publics (certaines postes, des locaux de la CNAS auxquels il faut accéder en escaladant des marches, des bureaux où s’effectuent les paiements de factures de téléphone, internet et autres…) alors que les transports demeurent un casse-tête chinois pour cette catégorie de personnes qui ne grimpent dans un bus que grâce à la solidarité des passagers. Cette situation réduit leur autonomie et les oblige à se faire assister pour la moindre démarche ou la confier à une personne mobile, ce qui n’est pas pour faciliter leur insertion dans la société. D’où leur colère, leur cri de détresse et leurs appels répétés en direction des pouvoirs publics. Mais doivent-ils encore et toujours heurter le bord d’un trottoir sans pouvoir y accéder alors que c’est l’une des choses les plus anodines pour tout le monde ? Les municipalités y ont aménagé des rampes inclinées afin de permettre aux personnes en situation de handicap de se déplacer facilement, mais les mentalités restent obstruées et de ce fait, des automobilistes garent leur véhicule de telle sorte que ces rampes deviennent tout simplement invisibles. Cela prévaut partout et nous citons en exemple le cas de la cité La Concorde, dans la commune de Bir Mourad Raïs, où l’accès menant aux boutiques et nombreux commerces (face à la mosquée) est rendu impossible pour les handicapés en fauteuil roulant. La déliquescence et l’absence de contrôle de la part des autorités locales en est la cause. Un jeune vendeur handicapé doit faire un long détour au milieu des voitures pour monter sur le trottoir, au même titre que d’autres qui y viennent faire leurs emplettes et les personnes âgées. La municipalité avait implanté de part et d’autre de la rampe deux barres en acier pour empêcher le stationnement des véhicules à cet endroit, elles ont été arrachées. En toute impunité. Même chose à Bir Mourad Raïs, en face de la Casoral, où les personnes en fauteuil roulant se retrouvent face à la portière d’un véhicule en stationnement.

Nadia Rechoud