Le décret exécutif portant réglementation de la prescription des psychotropes n’est pas encore en application

J’en ai eu confirmation, hier, auprès de la direction de la santé de la wilaya de Tizi Ouzou.
Je me suis rapproché de la tutelle parce que certains pharmaciens, dans la wilaya refusent de servir ces produits si le malade ne présente pas l’ordonnance à souche.
Ces pharmaciens violent la loi.
Dans les faits, il y a longtemps que des pharmaciens – quelques uns seulement je le souligne – ne servent pas certains psychotropes quand bien même ceux-ci sont dûment prescrits par le médecin, ce refus est dissimulé dans une fausse indisponibilité du produit.
Cette attitude, qui met en souffrance le malade, est d’autant plus incompréhensible que le pharmacien d’officine est couvert par une prescription – sa responsabilité n’est plus engagée dès lors qu’il a vérifié que l’ordonnance qui lui est présentée est authentique, et dans le doute, il peut toujours prendre contact avec le médecin prescripteur.
J’ai déjà eu personnellement à confirmer ma prescription à des pharmaciens qui ont pris la peine de m’appeler.
Cette collaboration rend la vie facile au pharmacien, au médecin et surtout au malade qui n’a pas ainsi à faire le tour des officines pour obtenir son traitement.
La lutte contre le trafic des psychotropes doit rester dans son cadre.
Elle n’est pas du ressort du pharmacien ou du médecin et elle ne doit pas pénaliser le malade en le montrant du doigt – il n’est pas un trafiquant.
La lutte contre le trafic des psychotropes ne doit pas non plus alourdir le travail du praticien en bureaucratisant la prescription médicale et ne doit pas paralyser la distribution de ces substances en créant un climat de terreur dans le parcours du soin.
Ni le médecin ordonnateur, ni le pharmacien qui délivre, encore moins le malade auquel les produits sont prescrits, ne sont impliqués dans le marché et le trafic de ces médicaments.
Le regard doit se tourner ailleurs.
Si l’un ou l’autre se rend responsable d’un tel forfait, il est justiciable au même titre que le délinquant ou le trafiquant, mais en aucun cas l’ensemble des praticiens (pharmaciens et médecins) et des malades ne doivent être stigmatisés et rendus coupables.
C’est parce que la loi – dans les excès de ceux qui sont chargés de son application – fait preuve de non discernement que le syndicat des pharmaciens a fait pression pour obtenir ce décret exécutif.
Les médecins – les psychiatres notamment – n’ont pas été associés à sa rédaction.
Pour autant, ce décret n’est pas en application.
Le syndicat des pharmaciens (SNAPO) ne peut pas se substituer à l’Etat et faire sa loi.
Les pharmaciens, à Tizi Ouzou ou ailleurs à travers le territoire national, sont dans l’obligation de servir les ordonnances qui leur sont présentées par les malades.
Ils n’ont aucune raison d’avoir peur, ils sont couverts par la prescription; seule la responsabilité du médecin est engagée.
Bonne journée.
Continuez à respecter les mesures de protection contre l’épidémie.
S’il ne faut pas vous affoler, faites preuve de raison et de discernement.

Dr Mahmoud Boudarene psychiatre

%d blogueurs aiment cette page :