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Le décès d’Aoutaf Ladjabi met à nu la gestion chaotique du CHU de Constantine

La situation devient de plus en plus infernale au CHU Ibn Badis de Constantine, un laisser-aller qui règne dans les lieux et une mauvaise gestion de cet établissement hospitalier en cette période de pandémie.
En effet, le décès de la sage-femme Ladjabi Aouatef, qui n’avait que 25ans et exerçant au niveau du service gynécologie-obstétrique du CHU, mercredi 29 juillet, du Covid-19, a dévoilé une situation chaotique au sein du CHUC. « Notre collègue n’avait pas de couverture sociale et c’est le cas pour beaucoup d’autre, notamment ceux recrutés en octobre dernier. » précisa Amina, sage- femme et collègue de la défunte. Recrutée depuis plus de 9mois, l’administration de la structure en question n’a pas établie les dossiers de la sécurité sociale, une « omission » qu’elle qualifie de « léger retard » selon des sources hospitalières. Cette négligence a pénalisé la famille de la défunte pour bénéficier de ce qu’il lui revient de droit, le capital de décès.


D’autre part, les parents de Ladjabi Aouatef évoquent les circonstances de son décès. « Comment expliquer qu’un membre du personnel médical du CHU, atteint de COVID-19, ne puisse pas être admis en réanimation, alors que ses poumons étaient atteints à 75% ? » se sont interrogés ses parents, encore sous le choc. « Aouatef est décédée à cause de la négligence des responsables de la santé de la wilaya qui refusent de prendre des décisions efficaces, face à une situation des plus inquiétantes et qui dure depuis des mois au CHU », dénonce Amel, sage-femme au sein de l’établissement hospitalier. Ajoutant que « le personnel ne dispose même pas de masques FFP2 pour assurer leur protection et celle des patientes. ». Avec émotion, elle se demande « à qui le tour ?». Face à cette situation, les responsables du secteur de la santé à Constantine se sont mués dans leur mutisme habituel et se sont limités à une lettre de condoléance publiée sur les réseaux sociaux !
Le DSP aux abonnés absents
Contacté par téléphone, le directeur de la santé et celui du CHUC, qui ne sont que des intérimaires, sont toujours injoignables. Ces deux responsables qui s’attirent la foudre du personnel, des citoyens et des députés de la wilaya, ont opté pour le silence. Un silence complice dénoncé à maintes reprises dans la presse locale.
Notons que depuis le début de la pandémie du coronavirus, en février dernier, le corps médical qui est sur la ligne de front, paye un lourd tribut. A Constantine, cinq membres du personnel soignant sont décédés durant le mois en cours, sur un total de 150 cas testés positifs au Covid19 . Selon les statistiques du ministère de la santé et de la réforme hospitalière, on déplore dans le corps médical, 38 personnes décédées et 1 970 autres infectées entre le mois d’avril jusqu’au mois de juillet.

De Constantine, Souheila BETINA

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