« Le cancer du pancréas a emporté ma fille que ne n’ai pas tellement vue depuis son départ vers l’étranger il y a des années »

C’est trop dur pour les parents de perdre un de leurs enfants de leur vivant. Malika avait beau se préparer à cette séparation douloureuse avec sa fille Soumya qui souffrait d’un cancer du pancréas, elle est abattue et sa vie s’est disloquée depuis le décès de cette dernière il y a quelques mois. « C’était un choc pour toute la famille, comme si la terre se dérobait sous mes pieds en ce qui me concerne quand j’ai su de quel mal était atteinte ma fille qui résidait à l’étranger » témoigne la septuagénaire.

« A la nouvelle de sa terrible maladie s’ajoutait le fait qu’elle était loin et que nous ne pouvions même pas la voir. Je pensais à elle qui savait ce qu’elle avait, à sa souffrance et à son amertume par rapport à ses deux filles et à son fils.

D’ailleurs, quand elle a marié ce dernier alors qu’il n’avait que 22 ans, nous ignorions qu’elle voulait anticiper les choses. Mes enfants nous ont expliqué, à moi et à leur père, que nous devions nous attendre à tout du fait que la situation de notre fille était difficile et que son cancer n’a pas été détecté à ses débuts. Mais je souhaitais ardemment qu’un miracle se produise et qu’elle guérisse ». Malika a failli y croire, dit-elle, le temps passait, les mois, puis une année, puis une autre. « Soumya a passé les vacances d’été chez nous l’année suivante, elle avait l’air d’aller plutôt bien et je m’étais mise à penser qu’elle était en train de se remettre. Elle sortait avec ses sœurs et elle a tenu à ce que nous allions tous ensemble en Kabylie ».

Soumya était repartie pour la rentrée scolaire de ses filles, laissant sa famille entre l’effroi et l’espoir, surtout qu’elle s’éloignait à nouveau. « Elle est revenue au début de l’hiver et ce que j’ignorais et que j’ai appris plus tard, c’est que ma fille voyait son état de santé se dégrader et avait souhaité mourir auprès de nous. C’est ce qu’elle avait dit à ses frères et sœurs. ‘’Je veux mourir en étant au milieu de ma famille’’ leur a-t-elle dit ». Mais le destin a voulu que Soumya reparte chez elle et qu’elle vive encore quelques mois. « Elle est décédée l’été dernier et son corps a été rapatrié avec plusieurs autres moins d’une semaine après, un vendredi. Nous l’avons enterrée le même jour, nous l’avons désormais près de nous » lâche Malika dont la douleur est incommensurable.

Nadia Rechoud

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