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La dyspnée apparaît après huit jours et constitue la première complication sévère de la maladie

L’évolution de la maladie causée par 2019-nCoV dans le temps, publié dans The Lancet, souligne que les 41 patients examinés dans cette étude ont été admis à l’hôpital avec des symptômes plutôt fréquents des maladies respiratoires, c’est-à-dire une fièvre supérieure à 38,1 °C (98 % des patients), des quintes de toux (76 % des patients) et enfin une grande fatigue ou une myalgie (44 % des patients).

Si les symptômes ressemblent grandement à ceux du SRAS, 2019-nCoV provoque des diarrhées que dans des rares cas : 3 % des patients contre 20-25 % pour l’agent étiologique du SRAS. La dyspnée (55 % des patients) apparaît après huit jours et constitue la première complication sévère de la maladie.

La grande majorité des patients (73 %) sont des hommes adultes. Aucun enfant ou adolescent n’a été examiné dans le cadre de cette étude. L’âge médian des patients est 49 ans et 66 % d’entre eux fréquentaient le marché de la mer de Wuhan, fermé depuis le 1er janvier.

Lors de leur prise en charge à l’hôpital, les patients ont passé un scanner thoracique (précisément un CAT-scan). Dans tous les cas, les images montrent des poumons anormaux. Pour les plus graves, les médecins ont observé des nodules bilatéraux ainsi que des zones où le tissu pulmonaire est comprimé par la présence de liquide.

Pour attester de la présence de 2019-nCoV dans l’organisme des patients, les médecins ont effectué plusieurs examens.

Une deuxième étude analyse plus finement les effets du virus sur les cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire in vitro. Le virus a été isolé à partir des échantillons de lavage broncho-alvéolaire pour ensuite infecter des cellules épithéliales en culture.

Les effets cytopathiques apparaissent 96 heures après l’infection par le coronavirus de Wuhan. Les cellules épithéliales infectées démontrent une fréquence plus basse des battements de leurs cils. Ces cellules épithéliales assurent la protection de la muqueuse respiratoire notamment en évacuant le mucus infecté lors de la toux. Dans de nombreuses maladies respiratoires, et lors d’une infection par le coronavirus de Chine, l’épuration du mucus par les voies aériennes est perturbée par la diminution de l’activité ciliaire des cellules.

Les études présentées ici ne sont qu’un premier aperçu de la physiopathologie de la pneumopathie due à 2019-nCoV. Les 41 cas étudiés ne suffisent pas pour comprendre tous les paramètres de cette nouvelle maladie. Parmi eux, six sont morts après leur hospitalisation, faisant du coronavirus de Wuhan une menace sérieuse.