La bureaucratisation de la médecine a été fatale à Mounir

Ballotté de service en service, qui d’entre nous n’a pas vécu cette situation où des médecins vous demandent d’aller voir ailleurs que dans leur espace ou de leur faciliter la tâche pour un diagnostic sans trop de prospection de leur part. Nous ne généralisons pas, heureusement d’ailleurs qu’il existe des praticiens scrupuleux et soucieux d’apporter de l’aide à leurs malades et de les soulager de leur maux, mais le laisser-aller existe aussi dans nos hôpitaux. Pour avoir été confronté à ce type de comportement, Mounir n’en est pas sorti indemne. Des douleurs subites au cœur l’ont incité à demander l’avis d’un médecin, mais il lui fallait en voir plusieurs et ce pendant près de deux mois avant d’avoir un compte-rendu de sa pathologie : un œdème cardiaque. Aucun retard n’est permis, mais là encore, Mounir doit subir un certain nombre d’examens, dont des analyses de sang, et dont les résultats ne peuvent être disponibles avant une quarantaine de jours. Mounir est en contact avec le chirurgien qui doit l’opérer, celui-ci le rassure en affirmant qu’il est prêt à pratiquer l’intervention mais qu’il lui faut les résultats. Mais son cas se détériore, l’insuffisance cardiaque s’est aggravée. Transporté en urgence à l’hôpital, le malade est lâché par son cœur le jour-même. La bureaucratisation de la médecine lui a été fatale, comme à beaucoup de malades.

Nadia Rechoud    

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