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Kader : « Les écoles spécialisées n’accueilleront les enfants handicapés que deux jours par semaine »

 

« Les parents des enfants aux besoins spécifiques ne savent plus comment agir avec la fermeture des écoles spécialisées depuis le début de la pandémie du Covid-19 ». Kader est père d’une fillette atteinte de trisomie 21, elle est inscrite dans un centre spécialisé. Celui-ci, à l’instar de tous les autres, est resté fermé pendant une longue durée.

Le couple travaille, la maman de la petite avait été autorisée à rester avec son enfant pendant quelques temps comme toutes les mamans des enfants en bas âge.

« Elle n’allait plus à son école où elle était prise en charge sur le plan pédagogique mais toujours est-il qu’elle était avec sa maman à la maison et que celle-ci faisait ce qu’elle pouvait pour tenter de compenser ce vide. Mais cela n’a pas duré, mon épouse a dû reprendre son travail ».

Ce n’était pas chose aisée comme l’a souligné Kader puisque le couple s’est retrouvé confronté à une situation qu’il avait du mal à gérer.

« Notre petite était gardée tantôt par une voisine moyennant paiement – elle nous a fait savoir qu’elle avait parfois des obligations et qu’elle ne pouvait pas la garder chez elle tous les jours – tantôt chez une de ses tantes, mais cette solution de fortune ne pouvait arranger ni notre enfant qui s’est retrouvée perturbée et dépourvue de ses repères, ni nous ses parents qui devions la déposer le matin et la récupérer de différents endroits ».

L’espoir qui était le leur, et celui de tous les parents dans leur situation, était que les établissements spécialisés rouvrent leur porte et accueillent de nouveau leurs pensionnaires.

Des appels s’étaient d’ailleurs multipliés dans ce sens. Ce souhait s’est réalisé, mais pas pour tous les parents puisque certains centres demeurent fermés.

Il y a quand même un petit bémol, la réouverture de certaines écoles ne signifie pas la prise en charge quotidienne des enfants ayant un handicap comme cela se faisait avant la fermeture.

« Notre joie a été de courte durée, ces centres ouvrent seulement deux jours. Cela veut dire que rien n’a changé, que nous allons continuer à galérer et que notre fille va régresser en termes de prise en charge. Alors que tout est ouvert, magasins, marchés, fast-food, transport et j’en passe, ces lieux où nos enfants handicapés sont pris en charge, où ils sont censés faire des pas vers l’apprentissage et l’autonomie n’ouvrent que deux jours par semaine. Je m’interroge, tout comme les autres parents : pourquoi les enfants ayant un handicap doivent-ils toujours être marginalisés ? En quoi peuvent-ils gêner le respect des gestes barrières ? J’estime que cela n’a aucun sens ».
Propos recueillis par Nadia Rechoud

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