Journée mondiale de lutte contre la tuberculose: Hasbellaoui a estimé important de conjuguer davantage les efforts pluridisciplinaires

« Les résultats de la lutte contre tuberculose contagieuse sont probants puisque l’incidence de 14,8 cas pour 100 000 habitants en 2017 est un  chiffre jamais atteint depuis l’indépendance», a indiqué le ministre de la santé, de la Population et de la Réforme hospitalière  M. Mokhtar Hasbellaoui lors de son intervention ce jeudi en marge de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose qui a été placée cette année sous le thème «Vouloir, des leaders pour un monde sans tuberculose».

Le ministre de la Santé a noté que « sur les 22 746 cas de tuberculose déclarés en Algérie en 2017, 7 389 cas étaient des cas de tuberculose pulmonaire, dont 6 011 cas de tuberculose contagieuse.

Pour ce qui est de la tuberculose extra-pulmonaire, le ministre a précisé qu’elle continue à dominer le paysage de la maladie avec une incidence de 37 cas pour 100 000 habitants.

Hasbellaoui a estimé important de conjuguer davantage les efforts pluridisciplinaires permettant notamment d’améliorer le diagnostic et le traitement des cas de tuberculose extra pulmonaire.

L’OMS a franchi un pas de plus en définissant pour 2035 la cible de réduire de 95% le nombre de décès par tuberculose et de 90 % le taux d’incidence de la maladie, pour revenir à des chiffres similaires à ceux que l’on observe aujourd’hui dans les pays à faible incidence de tuberculose.

Une personne infectée peut contaminer 10 à 15 autres par an

La tuberculose est une maladie que l’on peut éviter, soigner et guérir. Elle est due à une bactérie touchant le plus souvent les poumons. Elle se transmet d’une personne à l’autre par voie aérienne. Quand une personne ayant une tuberculose pulmonaire tousse, éternue ou crache, elle projette des bacilles tuberculeux dans l’air. Il suffit d’en inhaler seulement quelques-uns pour s’infecter.

Environ un quart de la population mondiale est porteuse d’une tuberculose latente, ce qui signifie que ces personnes ont été infectées par le bacille tuberculeux mais ne sont pas encore malades et ne peuvent pas transmettre la maladie. Sur toute la durée de leur vie, les sujets infectés par le bacille tuberculeux ont 5 % de risque de développer la maladie. En revanche, le risque est beaucoup plus élevé pour ceux qui ont un système immunitaire déficient, comme les personnes vivant avec le VIH, en état de malnutrition ou ayant le diabète.

Lorsqu’une tuberculose évolutive apparaît, les symptômes (toux, fièvre, sueurs nocturnes ou perte de poids) peuvent rester bénins pendant de nombreux mois, ce qui peut entraîner un retard pour aller consulter et la transmission du bacille à d’autres. Un sujet ayant une tuberculose évolutive peut infecter 10 à 15 autres personnes par an lors de ses contacts proches. En l’absence de traitement, en moyenne 45 % des sujets tuberculeux négatifs pour le VIH mourront, de même que pratiquement tous ceux qui sont aussi séropositifs.

Il ya lieu de signaler que la tuberculose touche surtout les adultes pendant les années où ils sont le plus productifs, mais le risque existe pour toutes les tranches d’âges. On recense plus de 95 % des cas et des décès dans les pays en développement.

La Stratégie de l’OMS pour mettre fin à la tuberculose, adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2014 est un modèle à suivre par les pays pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose en réduisant le nombre des décès, l’incidence et en éliminant les dépenses catastrophiques à la charge des familles. Il faut savoir que mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure dans les cibles sanitaires indiquées dans les objectifs de développement durables adoptés en 2015.

La tuberculose et le VIH forment une association meurtrière

Les personnes infectées par la tuberculose et également par le VIH ont 20 à 30 fois plus de risque de développer une tuberculose évolutive que les autres. La tuberculose et le VIH forment une association meurtrière, chacun accélérant l’évolution de l’autre.

En 2016, environ 0,4 million de personnes sont mortes d’une tuberculose associée au VIH. Environ 40 % des décès parmi les personnes vivant avec le VIH ont été dus à la tuberculose en 2016. Cette même année, on estime qu’il y a eu 1,4 million de nouveaux cas de tuberculose chez des séropositifs pour le VIH, dont 74% vivaient en Afrique. Les sujets infectés ayant aussi le VIH ont 20 à 30 fois plus de risque de développer une tuberculose évolutive. Le risque est également plus élevé pour ceux qui souffrent d’autres affections affaiblissant le système immunitaire. L’OMS recommande une approche réunissant 12 composantes pour des activités intégrées contre la tuberculose et le VIH, avec des actions pour la prévention et le traitement de l’infection et de la maladie, afin de réduire la mortalité.

L’OMS assure 6 fonctions essentielles dans la lutte contre la tuberculose:

– Jouer un rôle directeur au niveau mondial sur les questions essentielles concernant la tuberculose.

-Mettre au point des politiques, des stratégies et des normes reposant sur des données factuelles pour la prévention, les soins et la lutte contre la tuberculose, et suivre leur mise en œuvre.

–   Apporter un soutien technique à ses États Membres, jouer le rôle de catalyseur du changement, et mettre en place des capacités durables.

–    Suivre la situation mondiale en matière de tuberculose et évaluer les progrès accomplis dans les soins de la maladie, la lutte contre celle-ci et son financement.

–   Concevoir le programme de recherche contre la tuberculose et stimuler la production, la traduction et la diffusion des connaissances dignes d’intérêt.

–   Faciliter la constitution de partenariats pour agir contre la tuberculose et participer à ceux-ci.

A retenir :

-Plus de 95% des décès dus à la tuberculose surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

-Un million d’enfants âgés de 0 à 14 ans ont développé la maladie et 250 000 (à l’exclusion des enfants ayant une tuberculose associée au VIH) en sont morts en 2016.

-Le tabagisme augmente beaucoup le risque de tuberculose évolutive et de décès. Il intervient dans 8% des cas de tuberculose dans le monde.

– La tuberculose est l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde.

-En 2016, 10,4 millions de personnes ont contracté cette maladie et 1,7 million en sont mortes.

-7 pays totalisent 64% des cas, avec l’Inde en tête, suivie de l’Indonésie, de la Chine, des Philippines, du Nigéria, du Pakistan et de l’Afrique du Sud.

-En 2016, on estime que 1 million d’enfants ont développé la tuberculose et 250 000 en sont morts (à l’exclusion de ceux ayant le VIH).

-La tuberculose est le premier facteur de mortalité chez personnes VIH-positives: en 2016, 40% des décès de séropositifs ont été dus à la tuberculose.

-La tuberculose multi résistante demeure une crise de santé publique et une menace pour la sécurité sanitaire.

-À l’échelle mondiale, l’incidence de la tuberculose baisse d’environ 2% par an. Il faut accélérer le rythme et atteindre une chute de 4 à 5% par an afin d’atteindre le jalon intermédiaire fixé pour 2020 par la Stratégie de l’OMS pour mettre fin à la tuberculose.

-On estime que le diagnostic et le traitement de la tuberculose ont permis de sauver 53 millions de vies entre 2000 et 2016.

-Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 fait partie des cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable adoptés en 2015.

Fadila kherraz

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