Journée mondiale de la malbouffe : Cas de cancer en augmentation en Algérie

Le 21 juillet de chaque année, on doit se poser, manger sain et penser à nos mauvaises habitudes alimentaires, et pourquoi pas, prendre la résolution de les combattre. Il est (presque) fini le temps ou tout le monde rentrait chez soi pour le déjeuner, où les travailleurs se restauraient au réfectoire de l’entreprise qui les employait. C’est l’ère du fast-food, de la restauration sur le pouce, des pizzas et hamburgers qui font des émules aussi bien parmi les adultes que chez les enfants. « Nécessité fait loi » doivent-ils penser de ces gargotes qui semblent être en rapport avec les nouvelles mœurs. Les personnes qui travaillent – hommes et femmes – n’ont pas d’autres choix que de manger un sandwich non loin de leur lieu de travail pour reprendre aussitôt leur tâche, pendant que de nombreux enfants ne retournent pas chez eux, par habitude ou en raison de l’absence des parents. Ce type d’alimentation n’est pas sans danger. Nourriture riche en gras et en sel, trop de sucre, des huiles de friture inchangées pendant quelques jours, des aliments (telle que la viande) mal conservés et imprudemment exposés à l’air et aux bactéries… Le résultat est inquiétant : ulcères et maux d’estomac de manière générale, excès de poids, diabète et, surtout, cancer. Ce n’est pas pour rien qu’une journée a été dédiée à la malbouffe à l’échelle planétaire, ce choix n’est pas fortuit tant le risque de développer une pathologie est grand. D’ailleurs, le chef de service d’oncologie au Centre anti-cancer Pierre et Marie Curie (hôpital Mustapha Bacha à Alger) et président de l’Association nationale d’oncologie médicale – qui a pris part aux 3èmes journées nationales d’oncologie médicale à Skikda – a plusieurs fois lancé l’alerte en raison de l’augmentation des cas de cancer, soulignant le fait que les habitudes alimentaires en sont la première cause. Il n’a pas manqué d’indiquer que les changements du régime alimentaire avec une prédilection pour les fast-foods, et, de ce fait, la nourriture malsaine est à l’origine de l’accroissement du cancer colorectal chez les femmes de plus de 40 ans, le plus fréquent après celui du sein, et le premier cancer chez les hommes, bien avant celui du poumon. Le même spécialiste a estimé que le taux de mortalité due au cancer dans notre pays est en nette progression, il a déploré le fait que le cancer tue 20.000 personnes chaque année et que 50.000 nouveaux cas sont enregistrés annuellement à cause de la consommation abusive de fast-food. « Ce chiffre est inquiétant et susceptible d’augmenter » selon le professeur qui a souligné que la hausse la plus importante a été enregistrée pour le cancer du côlon, chez les femmes, et de l’anus, chez les hommes. Prudence est mère de sureté dit le proverbe et c’est en axant sur la prévention qu’on peut éviter les dangers de la malbouffe, à travers notamment la réduction de la consommation de viandes rouges et en privilégiant une alimentation à base de légumes et de fruits – sans pesticides, cette autre catastrophe qui touche l’alimentation. Mais là, c’est aux autorités de se pencher sérieusement sur ce problème.

Nadia Rechoud