« Je suis angoissée et en même temps sceptique quant au respect des mesures de prévention dans les établissements scolaires »

 

C’est un véritable problème auquel sont confrontés les parents d’élèves quant à la reprise des cours après une longue interruption due au Covid-19. Le danger n’est pas écarté, le nombre de cas étant en progression et dans un contexte de peur quant à une éventuelle hausse à l’image de la deuxième vague qui marque l’Europe.

Feriel, maman de deux filles, ne cache pas sa peur pour son ainée, élève en 2ème année du cycle moyen, la benjamine n’étant pas encore scolarisée. « Je n’ai pas d’autre choix que d’envoyer ma fille à l’école, mais je suis effrayée à l’idée qu’elle puisse contracter le virus (du Covid-19). Je voudrais penser que c’est sécurisé, que tout a été désinfecté pour accueillir les élèves. Mais il faut vraiment maintenir un rythme régulier et que toutes les mesures de protection soient observées, ce qui n’est pas évident ».

Notre interlocutrice craint que l’hygiène fasse défaut, surtout lorsqu’on connaît l’état des établissements scolaires en termes de salubrité des sanitaires et la disponibilité de l’eau. « Le gel sera-t-il mis à la disposition des écoles et les élèves en useront-ils à l’entrée ? Des images ont été montrées à la télévision mais j’ai bien peur que ce soit de la poudre aux yeux, comme c’est le cas pour la stérilisation des quartiers. Nous n’avons rien vu dans nos cités alors que l’on filme ici et là des opérations de désinfection ».

Bien des questions que Feriel se pose, comme le respect de la distanciation physique et le port des bavettes. « Les enseignants feront-ils respecter l’éloignement entre les uns et les autres et le respecteront-ils eux-mêmes ? » s’interroge-t-elle, tout en se montrant sceptique.

Quant à la bavette, elle indique qu’elle en a acheté et qu’elle souhaite seulement, d’un côté, qu’elle sera supportée par sa fille comme par tous les élèves, et d’un autre côté, que ce ne soit pas un accessoire qui se passerait d’une main à une autre.

L’appréhension de la maman n’est pas partagée par sa fille, souligne-t-elle en affirmant que ce sont les parents qui vivent avec un stress permanent et la peur de ce qui pourrait arriver à leurs enfants. « Je suis angoissée et en même temps sceptique quant à l’application de ces mesures » dit-elle.

Propos recueillis par Rachida Merkouche

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