« Je suis à peine sorti du bâtiment qu’une fusée s’est plantée dans mon œil »

Lyès ne savait pas qu’il allait payer très cher le fait qu’il n’ait pas apprécié à sa juste dimension la folie qui s’empare de toute une société le soir de la célébration du Mawlid ennabaoui. C’est en tout cas ce qu’il pense depuis l’accident qui lui est arrivé il y a quelques années. La veille de cette fête religieuse, les cités se transforment en champ de bataille le soir venu. Les enfants comme les adultes font régner une atmosphère choc. Inconscients des risques, les petits s’amusent en échangeant des tirs de pétards et en lançant des fusées dans tous les sens sans en connaître les conséquences. Ce soir du Mawlid de l’année 2010, l’ambiance ne différait pas de celle des autres années. Explosifs et projectiles étaient de la partie sur un périmètre exigu, une petite aire qui sépare deux immeubles. « Je devais acheter des couches à ma fille, mon épouse ayant oublié de le faire pendant la journée. J’ai à peine mis un pas hors du bâtiment qu’une fusée s’est plantée dans mon œil gauche. Je n’avais rien compris au début parce que cela s’est passé très vite, en même temps un objet pointu dans l’œil et une douleur atroce, épouvantable ». Des enfants du voisinage venaient de commettre l’irréparable. Des fusées ont été mises entre leurs mains alors qu’ils n’avaient pas la latitude ni de les manipuler ni de les orienter vers le haut vu leur âge et leur taille. Lyès, un jeune papa, a été touché dans son intégrité physique et a perdu un œil à tout jamais. Mais, hélas, les accidents graves qui émaillent la célébration de cette fête religieuse ne dissuadent aucunement ceux qui ont un engouement pour ce genre de pratiques.

Rachida Merkouche      

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