« Je ne sais pas si mon époux aura le temps de terminer ses séances de radiothérapie »

 

« Nous n’avons rien vu venir, la nouvelle qui nous a été annoncée, mes enfants et moi, nous a anéantis ». Faïza tente de tenir le coup depuis qu’elle a appris que son époux a une tumeur au cerveau. Mais sans succès dit-elle, l’abattement ayant pris le dessus.

« Mon mari se plaignait depuis peu de légers maux de tête, mais les douleurs se sont accentuées ces derniers temps, ce qui nous a incités à le faire ausculter par un médecin. Il faut dire qu’il n’est pas de nature à se plaindre. Je le voyais parfois se tenir la tête mais je n’ai rien soupçonné. C’est quand il a commencé à avoir trop mal qu’il l’a extériorisé ».

Le médecin demande la réalisation d’un scanner et le diagnostic est glaçant pour la famille. A la stupeur succèdent les pleurs et l’abattement, puis l’union de tous les membres de la famille autour du père qui doit être opéré pour l’ablation de la tumeur.

« Nous faisons tout pour qu’il ne voit pas son dossier » indique la sexagénaire avant de poursuivre : « Il n’arrête pas de le demander, mais nous tergiversons pour le soustraire à sa vue. Nous lui avons parlé d’une masse qui doit être extraite du cerveau. Au début, il avait peur, puis la veille de l’intervention chirurgicale, il était plutôt optimiste. C’est nous qui avions peur qu’il ne supporte pas l’opération et qu’il ne se réveille pas ».

Mais le résultat n’est pas celui que tous attendaient. « Le cerveau est sérieusement touché. Les chirurgiens n’ont pas remis le sommet de la boite crânienne à sa place afin d’éviter les douleurs à mon époux et ils nous ont même parlé d’une durée de vie – je n’ose pas prononcer cette durée – chose que nous refusons de croire mais nous nous en remettons à Dieu ».

Le malade ignore tout pour l’instant, souligne Faïza, mais elle et ses enfants sont certains qu’il saura de quoi il souffre lorsque les séances de chimiothérapie et de radiothérapie commenceront.

« Comment le lui dire ? C’est la question qui nous taraude l’esprit. Il fera sa chimio à la maison, selon les médecins, mais il doit subir 46 séances de radiothérapie. Parfois, je me demande s’il sera encore en vie pour les terminer ».

C’est trop dur de se faire l’écho d’une telle épreuve, une épreuve que la famille vit en ce moment même alors que l’intervention chirurgicale remonte à moins d’un mois.

Propos recueillis par Nadia Rechoud