« J’ai subi l’ablation d’un sein, mais je suis en vie »

Un sein qui a pris du volume et un écoulement mammaire inquiétaient Souhila, mais elle était loin de penser que sa maladie portait un nom terrifiant. Consultation, doute, mammographie puis échographie confirmant le terrible mal. Un cancer du sein. « Ma famille a été ébranlée, c’est mon époux qui m’a apporté un appui important, ce qui m’a beaucoup aidée dans ma lutte qui ne faisait que commencer contre le cancer ». Une lutte ardue que la quadragénaire devait mener sur un double front. Contre la maladie, et contre l’abattement qui s’emparait de ses enfants et du reste de sa famille. « J’ai dû cacher mon mal à ma maman en lui disant que des vaisseaux se sont entortillés. Je devais dépasser mon effroi et le cacher à tout le monde » raconte Souhila qui se souvient qu’elle était comme une automate, face à ses devoirs et à l’impératif d’une intervention chirurgicale, et des allers retours à l’hôpital avant ce rendez-vous. « J’ai eu la chance d’être programmée rapidement, je pense que je n’ai pas besoin de vous dire que c’est grâce à une personne qui y travaillait. Bien évidemment, j’y ai laissé mon sein. Au début, j’avais la hantise de le dire, je prétendais avoir subi l’ablation de la tumeur. Cela m’a demandé du temps pour pouvoir affirmer que c’était l’ablation du sein ». Elle apprenait que ce n’était pas tout, puisqu’elle devait se soumettre à des séances de radiothérapie, elle ne pouvait pas s’empêcher de regarder les points « tatoués » sur sa poitrine, qui sont destinées à déterminer l’endroit à irradier. « Dieu merci, je suis en vie. Cela a été trop dur, j’ai dû supporter la séparation avec mes enfants en même temps que l’effroi de la chirurgie et de l’ablation » déclare Souhila qui reste soumise à des contrôles réguliers après une dizaine d’années. « Cette fois-ci, on m’a demandé une scintigraphie osseuse mais je dois la faire en dehors de l’hôpital alors qu’elle est hors de prix. Le médecin qui m’a orientée vers un autre établissement m’a donné un rendez-vous ouvert parce qu’elle sait que ce n’est pas aisé de la faire rapidement. J’attends qu’une cousine m’aide à y accéder dans un temps relativement court ».

 

 

Rachida Merkouche

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