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Fayçal : « Une vie de routier pendant le mois de jeûne »

 

« Je passe beaucoup de temps sur la route en tant que transporteur et, bien évidemment, même pendant le mois de Ramadhan », témoigne Fayçal, un quinquagénaire qui affirme avoir travaillé dans une entreprise étrangère avant d’exercer le même métier pour son propre compte. « Ma vie, je la passe entre ma famille et mes déplacements, je suis généralement sollicité par des sociétés pour le transport et la livraison d’équipements. Pendant les périodes creuses, je fais quelquefois des déménagements ».

Fayçal est donc souvent absent de chez lui, il fait remarquer que la situation est vécue différemment pendant la période de jeûne. « Je quitte mon domicile le soir, après le f’tour. Je charge pendant la journée le matériel que je dois livrer et, au moment où je dois partir, mon épouse me remet une boîte contenant mon repas pour le S’hor et un thermos de café, ce breuvage m’aidant à rester éveillé. Je roule la nuit et je m’arrête avant l’Imsak pour avaler ma nourriture ».

C’est un rituel pour cet homme qui, auparavant, tenait un commerce (une supérette comme il le précise) avec son ami avant que chacun parte de son côté. Le transport, cela lui permet, dit-il, de se remettre debout et en même temps de voir plusieurs villes du pays.

« Cela peut paraître aisé, surtout que j’y suis habitué, mais ce n’est pas le cas pour un routier pendant ce mois », souligne-t-il. «C’est sur le chemin du retour, le jour suivant, que je rencontre des difficultés. Tout dépend de l’endroit où je suis au moment de l’Iftar. Les choix qui s’imposent selon mon emplacement, c’est le fast-food ou le relai, mais parfois je dois me contenter de quelques dattes et de petit-lait lorsque je suis loin de tout, jusqu’à ce que je rentre chez moi au milieu de la nuit ».

Propos recueillis par Rachida Merkouche