Et si nous prenons du chardon-Marie pour protéger notre foie ?

 

Ceux qui portent une maladie du foie, notamment l’hépatite d’origine virale ou alcoolique et de cirrhose, courent les hôpitaux et les cabinets de gastro-entérologie. Pour ne pas se retrouver un jour dans cet état, il n’y a pas mieux que la prévention. Et dans ce cas, peut-on indiquer mieux que le chardon-Marie ?

Originaire du bassin méditerranéen, le chardon-Marie est utilisé pour combattre les troubles digestifs, les maladies du foie et de la vésicule biliaire.

Les Grecs de l’Antiquité utilisaient déjà le chardon-Marie pour traiter les troubles hépatiques (du foie) et biliaires. Pline l’Ancien recommandait de prendre le jus de la plante mélangé à du miel pour « éliminer les excès de bile ». Au Moyen Âge, on disait que la plante pouvait chasser la « mélancolie » ou « bile noire », un état associé à diverses maladies reliées au foie. Au XIXe siècle, les médecins de l’école éclectique américaine l’ont employé pour traiter les varices, les troubles menstruels et les congestions du foie, de la vésicule biliaire et des reins. En Europe, on trouve de nos jours le chardon-Marie dans plusieurs préparations pharmaceutiques destinées au traitement de divers troubles hépatiques et biliaires.

Les Européens l’appellent Chardon de Marie car la légende dit que la Vierge Marie, voyageant d’Égypte en Palestine, aurait donné le sein à l’enfant Jésus près d’un bosquet de chardons. Quelques gouttes de son lait tombèrent sur les feuilles, créant les nervures blanches caractéristiques à cette espèce. Et les Arabes ne sont presque pas loin de cette légende du fait qu’ils donnent à cette plante le nom de Chawk El Halib (Epine de lait).
Les connaisseurs en Herberie considèrent que la silymarine contenue dans le chardon-Marie est une substance très efficace pour protéger le foie.

Cette plante est même utilisée, dans la médecine traditionnelle, pour la prévention et le traitement de divers troubles hépatiques : hépatite, cirrhose, calculs biliaires, ictère (jaunisse) et dommages causés au foie par des substances toxiques.

Les cliniciens disent que la silymarine, contenue justement dans le chardon de Marie peut régénérer les tissus abîmés du foie en plus de protéger cet organe contre les effets des toxines naturelles (champignons, venin de serpent, piqûres d’insectes, alcool, etc.) ou synthétiques (solvants, produits de nettoyage, médicaments, etc.)
Depuis 1989, les autorités sanitaires européennes ont approuvé l’usage de l’extrait normalisé à 70-80 % de silymarine pour traiter les intoxications hépatiques et comme adjuvant en cas d’hépatite et de cirrhose du foie. L’OMS reconnait aussi les mêmes usages.

Les bienfaits du chardon de Marie ne s’arrêtent pas en bon chemin. Selon les chercheurs, il permettrait, entre autres, de protéger le foie des dommages causés par la chimiothérapie que subissent les cancéreux. Même si les essais sont toujours in vitro, les chercheurs pensent que cette plante a un potentiel effet préventif contre le cancer de la prostate, le cancer de la peau et le cancer colorectal.

Vous pensez que c’est tout ? Eh bein, NON ! Une étude clinique a été menée auprès de 56 patients souffrant de diabète de type 2. Les résultats indiquent qu’un extrait normalisé de chardon-Marie (200 mg 3 fois par jour, durant 3 mois) améliore le contrôle de la glycémie et réduit les taux de cholestérol et de triglycérides sanguins.

Plus encore ! La Commission E et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaissent l’usage des graines de chardon-Marie pour soigner la dyspepsie. Jusqu’à récemment, à l’instar des herboristes, les médecins de formation classique soignaient généralement la dyspepsie à l’aide de substances amères, comme celles qu’on retrouve dans le chardon-Marie.

Nora S.

Précautions

 

Attention

    Bien que la plante ait été traditionnellement recommandée aux femmes pour stimuler la production de lait, certains auteurs estiment qu’à cause de l’absence d’études toxicologiques complètes, les femmes qui allaitent et celles qui sont enceintes devraient éviter le chardon-Marie. On ne dispose pourtant d’aucun rapport médical signalant des effets indésirables chez celles-ci. Par ailleurs, des femmes enceintes ont participé à des essais cliniques sans qu’on ait signalé de problème.

Contre-indications

    Aucune connue.

Effets indésirables

    Très rarement, des troubles gastro-intestinaux légers (nausée, diarrhée).

    La consommation de chardon-Marie pourrait entraîner une réaction chez les personnes allergiques aux plantes de la famille des composées (marguerites, asters, camomille, etc.).

Interactions avec le chardon-Marie

Avec des plantes ou des suppléments

  L’effet antidiabétique de la silymarine pourrait s’ajouter à celui d’autres plantes (gymnema, ginseng, momordique, par exemple).

Avec des médicaments

  Des données in vitro indiquent que le chardon-Marie pourrait moduler l’activité d‘enzymes du foie (cytochromes P450 2C9 et P450 3A4) qui jouent un rôle important dans l’élimination des médicaments par l’organisme17,25. Cet effet sur les cytochromes peut réduire ou augmenter la concentration d’un médicament et donc nuire à son efficacité ou à sa sécurité. Cependant, selon 4 études menées sur des humains en bonne santé, ces interactions sont faibles et n’ont pas de conséquences cliniques18-21.

Diabète:

La silymarine peut améliorer le contrôle de la glycémie et réduire la résistance à l’insuline. Lorsqu’on entreprend un traitement ayant pour effet de modifier son taux de glucose sanguin, il faut surveiller sa glycémie de près. Il est aussi nécessaire d’avertir son médecin, afin qu’il puisse, au besoin, revoir la posologie des médicaments hypoglycémiants classiques.

Sur les tablettes

Mélange silybine (silymarine) et phosphatidylcholine. Certains produits combinent la silybine, l’un des flavonoïdes qui composent la silymarine, et la phosphatidylcholine, un type de lipide présent dans la bile et la lécithine. Le but de cette association est de maximiser l’absorption de la silybine, effet qui a été démontré au cours de 2 essais cliniques