EPH de Boufarik : Le personnel soignant au bout du rouleau

Depuis plusieurs jours, le nombre de cas de Covid-19 est en augmentation permanente. A l’EPH de Boufarik, là où le premier cas a été détecté en mars dernier, le personnel est submergé. Nous nous y sommes rendus et nous avons constaté de visu toute la détresse du corps médical et paramédical, dépassé mais surtout épuisé ainsi que celle des patients et de leurs accompagnateurs, désorientés et impatients. Nous nous sommes entretenus avec un médecin qui a évoqué l’état de fatigue physique et morale dans laquelle se trouvent le personnel. « Je suis épuisée », nous confiera cette spécialiste en maladies infectieuses, expliquant que depuis quatre mois, elle « travaille sans relâche dans le service des maladies infectieuses. Nous avons eu une période de répit, mais depuis l’Aïd El Fitr, l’épidémie a repris de plus belle ». Indiquant qu’ils sont 13 infectiologues, en majorité des femmes, ainsi que le chef de service à « se relayer depuis le début de l’épidémie », l’infectiologue ajoutera que les conditions de travail sont « difficiles », notamment à cause de l’agressivité dont font montre certains malades ou de leurs accompagnateurs.
« Nous subissons quotidiennement de la part des malades ou de leurs accompagnateurs des agressions et des insultes », dira-t-elle, avant d’ajouter : « parmi les nombreux cas qui arrivent chaque jour, de nombreux malades sont transférés en réanimation. Nous sommes à bout de forces et notre plus grande crainte, c’est de ne pas pouvoir accomplir notre travail convenablement si jamais il y a une seconde vague ». Expliquant que cela fait des mois qu’elle et ses collègues n’ont pas vu leurs proches, elle dira qu’ils espèrent avoir quelques jours de congé. « Faire trois voire quatre gardes par mois entre l’urgence et l’astreinte et reprendre ensuite le service de consultation Covid, post-Covid, les non-Covid, et les autres maladies infectieuses relève de l’exploit ». A ce titre, elle émettra le souhait de voir des collègues d’autres établissements de santé prendre le relais ou apporter leur soutien pour diminuer un peu la charge de travail sur les équipes mobilisées depuis des mois. « Depuis le mois de juin, nous avons réussi à décrocher un jour de repos par semaine. Mais cela reste insuffisant, nous avons besoin d’être soulagés avec le renforcement des équipes », indiquera l’infectiologue, avant de signaler que « dans d’autres établissements de santé, notamment les CHU, les médecins résidents se relaient avec moins de gardes, la tâche est moins ardue ».
Eami Omar l’ancien qui revient aux premières lignes 
Sensible à la situation difficile vécue par ses anciens collègues en cette période de pandémie, eami Omar, un infirmier en retraite a décidé de remettre sa blouse blanche pour aider et apporter sa conribution, à titre bénévole.
Selon lui : « toutes les forces vives du pays doivent être mises à contribution. L’élan de solidarité doit être général ».
Nouhad Ourebzani

 

%d blogueurs aiment cette page :