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Dr Mohamed Yousfi : « Le déconfinement doit être bien encadré et le port du masque permettra de casser la chaîne de transmission »

« Il y a moins de pression sur les Urgences et en termes de nombres de cas de Covid-19 ». Un constat qui est fait par le docteur Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha. Le spécialiste revient sur le début de la pandémie et la progression vertigineuse de la contamination dans la wilaya de Blida, ainsi que le poids qui a pesé notamment sur l’hôpital de Boufarik en nombre de cas.

« Nous arrivons à la phase de diminution de l’épidémie et de déconfinement. Il faut savoir que nous avons reçu les premiers cas ici il y a plus de trois mois, et il y a eu un confinement total dans la wilaya de Blida et plus ou moins partiel dans les autres wilayas. Nous avons donc vu l’évolution de l’épidémie qui est montée, durant la période allant du mois de mars jusqu’à la fin du mois d’avril et le début de Ramadhan, et là nous sommes arrivés au plateau, nous voyons la diminution des cas » indique Dr Yousfi qui souligne la nécessité d’aller maintenant vers un déconfinement au vu de ces données.

« Il fallait automatiquement penser à un programme de déconfinement, parce qu’on ne peut pas confiner indéfiniment avec toutes les conséquences (qui pourraient être engendrées) aussi bien sanitaires, psychologiques qu’économiques. Bien évidemment, un programme de déconfinement, tout comme cela l’a été pour le confinement, il doit être préparé et les citoyens doivent en être informés comme sont en train de le faire les autorités». Il s’arrête toutefois devant la problématique du respect des gestes barrières qui n’est pas facile, jusque-là, à faire introduire dans les habitudes des citoyens.

« Le déconfinement doit impérativement être bien encadré, particulièrement avec des mesures de prévention parce que sans cela, le déconfinement n’ira pas loin et à ce moment-là nous aurons, comme cela s’est passé dans certains pays, des clusters ou foyers de (contagion) qui peuvent reprendre ».

Ces mesures passent notamment par le port « systématique » du masque alors que celui-ci doit être disponible et à des prix accessibles comme le mentionne Dr Yousfi qui insiste sur cet aspect de la prévention en affirmant que « le citoyen doit avoir cette culture » d’inclure cet accessoire parmi ses incontournables, celui-ci devant savoir, précise-t-il, qu’il ne vivra plus comme il vivait avant la pandémie. « Nous devons intégrer ces mesures dans notre vie quotidienne pour vivre avec le virus, parce que nous ne savons rien sur son évolution et même si cela va diminuer et va reprendre ou non en automne ou en hiver, cela aucun spécialiste ne le sait, mais actuellement nous sommes dans cette phase de décroissance et il faut donc que nous nous adaptions.

Par le port du masque, dont il ne faut toucher que les élastiques pour le mettre ou l’enlever en ayant les mains propres, et qu’il ne faut pas mettre sous le menton ou sur la tête. Celui-ci ne doit pas être utilisé plus de 4 heures, qu’il soit jetable ou lavable ». Dr Yousfi souligne que ce moyen va permettre de casser la chaîne de transmission du fait qu’il existe des porteurs asymptomatiques et « qu’on ne peut pas dépister tout le monde, comme dans tous les pays du monde ».

Sans le port du masque, dit-il, ces porteurs vont transmettre la maladie. Il en vient aux autres mesures de prévention qu’on ne peut prétendre ignorer, tant tous les médecins les ont préconisées. Nous devons donc nous habituer à une hygiène sans faille des mains, et à nous éloigner les uns des autres devant et à l’intérieur des commerces.

Rachida Merkouche