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Dr Fahed Chater : « Le matériel acquis par l’Etat tarde à nous parvenir ».

C’est un appel pressant qui est lancé en direction des pouvoirs publics de manière générale et des autorités sanitaires en particulier. Il concerne l’insuffisance de moyens et d’équipements nécessaires au fonctionnement de l’EHS transplantation d’organes et de tissus à Blida, notamment ceux destinés à la protection du personnel, comme l’a souligné Dr Fahed Chater, chef de service anesthésie réanimation au niveau de cet établissement.

S’exprimant sur notre journal Esseha.com, il fait remarquer que ce sont les dons qui, à ce jour, aident son équipe à accomplir son travail. Il cite certains donateurs ainsi que les équipements octroyés à cet hôpital et à certains autres. « Il est vrai que l’Etat a mis certains moyens à notre disposition, il est vrai que le Président de la République a fait des mains et des pieds pour acquérir certains matériels surtout de protection, (…) ce matériel tarde à nous parvenir malheureusement » déplore Dr Chater qui tient à « adresser un message aux autorités pour (leur) dire qu’il doit y avoir un problème quelque part».

Il appelle ces mêmes autorités à revoir leur « hiérarchisation des tâches, précisant à ce sujet : « Nous avons actuellement du mal à vivre sans les dons et cela n’est pas normal ». L’interlocuteur de notre consœur du site Esseha.com déclare, à cette occasion, espérer « que cette crise servira de leçon, qu’on saura en tirer les leçons nécessaires » notamment en ce qui concerne le CHU de Blida. Dr Chater relève que « c’est le seul CHU au niveau national, peut-être même au niveau international, qui ne dispose pas de service de réanimation et cela est une aberration. C’est le seul CHU à l’échelle nationale qui dispose d’activités chirurgicales et qui n’a aucun département d’anesthésie et de réanimation et c’est une autre aberration ».

Dr Chater déplore également le fait que des réanimateurs soient « gérés par des gens qui ne sont pas de leur spécialité ». Il interpelle les autorités afin qu’il n’y ait plus pareille crise, et si elle se reproduit, « que nous ayons les armes nécessaires pour y faire face ». L’engagement de la corporation est réitéré par le Dr Chater qui assure les citoyens de la présence des médecins et du personnel soignant –de tout le personnel en fait- et de leur dévouement, coupés des leurs. « Nous sommes loin de nos familles, nous sommes là pour votre santé, pour le bien-être de vos familles, de vos proches. Mais nous sommes outrés et blessés quand nous voyons votre comportement, vous qui êtes chez vous bien au chaud avec la télé, Internet, vos PlayStation, et qui n’arrivez pas à vous maintenir chez vous, qui exposez nos familles que nous avons délaissées pour vos parents, à plein de dangers.

C’est un appel que je vous lance et j’espère qu’il trouvera écho » dit-il, invitant les citoyens à rester chez eux, notamment pendant le mois sacré. « Le Ramadhan, ce ne sont pas les sorties, les veillées et les quaâdate, quant à la prière, chacun peut la faire tranquillement chez lui ». Il fait remarquer que ce sera là l’occasion de se réunir en famille, au lieu de sortir et de laisser les enfants dehors jusqu’à une heure tardive. « Prenez soin de vous et de nos familles puisque nous sommes loin d’elles et que nous ne pouvons pas en prendre soin » conclue-t-il.

Rachida Merkouche