Dr Amina Abdelouahab, spécialiste sénologue : « Il faut que les femmes se fassent dépister au stade zéro »

Après une première rencontre avec Esseha, en avril dernier où elle avait axé son intervention sur la Covid-19 et les précautions à prendre pour éviter la contamination, le Dr Amina Abdelouahab, sénologue, a développé cette fois, son intervention autour du cancer du sein.

D’emblée, elle s’est dit étonnée de constater qu’en 2020, et après 25 ans d’exercice de la médecine en tant que sénologue, il n’y ait « pas beaucoup de changements » et ce, malgré les multiples campagnes de sensibilisation. Elle a déploré le fait que beaucoup de femmes arrivent à la consultation à un stade avancé et beaucoup plus encore hésitent à se faire dépister « par peur ». Se voulant rassurante mais avançant une argumentation scientifique, basée sur des chiffres avérés, le Dr Abdelouahab a indiqué que « le cancer du sein est une maladie, certes, sérieuse mais je ne dirai pas que c’est une maladie grave car chaque maladie qui a un traitement, n’est pas grave mais il faut plutôt la prendre au sérieux. Il faut savoir que le cancer du sein est une maladie qu’on peut dépister tôt donc on peut en guérir et j’insiste sur ce point. Le ou la malade n’est pas condamné à en mourir. Il faut savoir que le cancer du sein touche 97% des femmes. En Algérie, il touche les femmes autour de l’âge de 47 ou 48 ans, ce qui est relativement jeune. Il y a aussi environ 20% qui ont moins de 40 ans. Donc, les femmes qui ont 40 ou même moins doivent faire une mammographie. Grâce au dépistage précoce que ce soit pour le cancer du sein ou les autres cancers, on peut guérir, il y a des traitements ».

Presque tabou, le cancer du sein est une maladie qui est entourée de beaucoup de mystères et de désinformation, ce qui amène les femmes qui vont consulter chez le Dr Abdelouahab à poser beaucoup de questions reflétant leurs craintes multiples. Pour la sénologue, les femmes veulent savoir : « C’est quoi un cancer ? Qu’est-ce qui provoque un cancer ? Quels sont les facteurs de risque ? Quels sont les facteurs protecteurs ? Comment sera leur vie après le cancer ? Les femmes jeunes et encore en âge de procréer se demandent si elles peuvent avoir des enfants ? Est-ce qu’elles peuvent avoir une vie conjugale normale ? Est-ce que le cancer est héréditaire ?… » Le Dr Amina Abdelouahab fera ensuite un exposé vulgarisé de la formation d’une cellule cancéreuse afin d’expliquer qu’il n’y a pas de fatalité et que les moyens existent pour « barrer la route au cancer à travers le dépistage précoce ».

Malheureusement, a-t-elle ajouté, « beaucoup de femmes ne le font pas car elles disent avoir peur. Mais ce qu’il faut savoir c’est que même quand il y a présence d’un nodule, dans 4 cas sur 5, ça peut ne pas être un cancer. Donc, il vaut mieux aller se faire dépister, ôter le doute et se rassurer. Il faut que les femmes se fassent dépister au stade zéro ».

Concernant les facteurs de risques, la sénologue a parlé de l’âge, indiquant que « plus la femme prend de l’âge, plus elle peut développer un cancer ». Elle a également évoqué le facteur génétique, le facteur hormonal, précisant à ce sujet que « le cancer du sein est deux fois sur trois hormono-dépendant » enfin, elle parlera du mode de vie moderne qui est à l’origine de multiples pathologies dont divers cancers parmi lesquels le cancer du sein.

Le Dr Abbelouahab a ainsi mis en exergue l’importance d’une alimentation saine et de l’activité physique pour se maintenir en bonne santé et éloigner les maladies graves, précisant qu’il s’agit d’une volonté personnelle qui doit émaner de la personne elle-même.

A noter que lors de la prochaine rencontre (samedi prochain), le Dr Amina Abdelouahab abordera plus en détail les facteurs protecteurs contre le cancer du sein.

Hassina Amrouni

 

 

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