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Dr Adel Boudahdir : « Il a fallu mener une course contre la montre pour sauver des vies »

 La lutte contre l’infection Covid-19 a été, à ses débuts, très difficile pour le personnel soignant qui a dû agir dans l’urgence. Le monde a été pris de court alors que le virus se propageait à une vitesse inimaginable. Dans une interview accordée à notre journal en ligne Esseha.com, Dr Adel Boudahdir relate cette période où il fallait mener une course contre la montre pour sauver des vies.

« Notre expérience avec cette infection a commencé le 10 mars dernier lorsque nous avons reçu le premier cas aux Urgences médico-chirurgicales. Il faut dire que nous n’étions pas prêts du fait que c’est une nouvelle maladie mais nous avons rapidement commencé à travailler et les choses se sont améliorées ».

Après l’action dans l’urgence était venu le moment de créer un service réanimation dédié à la lutte contre le Covid-19, à la fin du mois de mars. « L’idée était de rassembler tout le matériel de réanimation (les respirateurs artificiels et les équipements de surveillance) dans un même service qui comptait 60 lits, et de faire en sorte que tout le personnel soignant du CHU de Blida fasse une rotation dans ce service du fait que le travail en réanimation est ardu et exige beaucoup d’efforts ». Dr Boudahdir mentionne la collaboration du personnel de l’hôpital de transplantation d’organes et tissus de la même wilaya, surtout les spécialistes en réanimation et les anesthésistes et du centre anti-cancer qui s’est déplacé vers le CHU de Blida.

Nous devions donc conjuguer nos efforts pour faire face à la pandémie. (…) Je dois dire qu’à un moment donné, à Blida, il y a eu une grande affluence de malades et Dieu merci nous y avons fait face autant que nous le pouvions pour sauver le maximum de vie ». Dr Boudahdir évoque les étapes par lesquelles le personnel est passé en termes de moyens de protection, commençant par la période où le manque était criant, avant d’arriver à l’étape où ces moyens ont été mis à la disposition du personnel soignant, « en plus des dons » parvenus deci-delà. « La majorité du temps, nous avons travaillé avec les moyens de protection » a-t-il indiqué, ajoutant que l’Etat a également mis à leur disposition des chambres d’hôtels à Blida.

« Nous étions obligés de demeurer loin des nôtres. Personnellement, je suis restée deux mois sans voir ma petite famille ni ma grande famille parce que j’avais peur d’être contaminé et de transmettre le virus à mes parents ou à mon épouse ».

Le spécialiste émet le souhait que les pouvoirs publics continuent à fournir les moyens de protection, le virus étant toujours là. « Il est vrai que la contamination a baissé considérablement, mais il y a toujours des cas et nous devons rester équipés afin que cette expérience soit positive et que l’Algérie puisse sortir vainqueur par rapport à l’infection Covid-19 ».

Dr Boudahdir n’omet pas d’avoir une pensée pour les personnes décédées du nouveau Coronavirus ainsi que pour le personnel soignant, notamment le Professeur Si Ahmed à qui il rend un vibrant hommage, disant de lui qu’il « a laissé son empreinte en Algérie et particulièrement à Blida ».

Rachida Merkouche

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