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Durant 77 ans de traitement à la chloroquine, on n’a pas entendu parler d’effets secondaires dramatiques

Intervenant de façon anti conventionnelle dans la controverse qui anime le problème de l’hydroxychloroquine notamment après cette fameuse étude publiée par le journal The Lancet, Dr Moualek, médecin interniste et président de l’Association des internistes libéraux algériens (AILA) parle de l’expérience de notre pays quant à la prise en charge des patients atteints du Covid-19 sur le plan thérapeutique.

Dr Moualek affirme que « l’hydroxychloroquine comme la chloroquine sont des médicaments anciens et sont des analogues de l’extrait de l’écorce d’une plante qui était cultivée dans La Cordillère des Andes, le quinquina ». « A l’époque, les Amérindiens utilisaient cette écorce pour lutter contre la fièvre, possiblement qu’il y avait beaucoup de paludisme dans ces régions », ajoute-t-il.

Faisant l’historique de cette plante, il relève que c’est entre les deux guerres qu’elle a été synthétisée et que cette molécule qui en a découlé, la chloroquine, était donnée aux soldats américains (lors du débarquement en Tunisie en 1943) « pour les protéger contre le paludisme qui sévissait dans nos régions ».

Le spécialiste mentionne que « depuis, on ne s’est pas arrêté de la donner pendant des décennies pour traiter le paludisme et pour le prévenir ».

Dans les années soixante, on a découvert que l’hydroxychloroquine et la chloroquine possèdent des vertus anti inflammatoires et régulatrices de l’immunité, ce qui a justifié sa prescription contre les maladies auto immunes.

Cette historique, selon le président de l’AILA, se veut un rappel quant aux bénéfices de la chloroquine et à son utilisation qui remonte à plusieurs décennies. « Je veux souligner par-là que, depuis 77 ans, ces médicaments sont prescrits, et ce sont des centaines de millions de personnes qui ont pris ce médicament et on n’a pas entendu outre mesure parler d’effets secondaires dramatiques chez ces personnes traitées souvent pour longtemps, pour les maladies chroniques inflammatoires et auto immunes », dit encore Dr Moualek.

Le spécialiste en vient au nouveau Coronavirus. « à la proposition par certains de prescrire l’hydroxychloroquine associée à d’autres médicaments pour traiter le Covid-19, on voit surgir des polémiques et des études qui disent du mal de cette molécule pour souligner les effets secondaires dont elle serait à l’origine, notamment des effets secondaires cardiovasculaires parfois mortels », relève-t-il.

Partant des données qui caractérisent l’usage de ce médicament pendant des décennies sans qu’il y ait eu des problèmes graves, Dr Moualek oppose à l’étude de « The Lancet » quelques arguments qui pourraient justifier ses résultats. « Les effets secondaires à des pourcentages inattendus chez les patients traités par l’hydroxychloroquine associée à d’autres médicaments nous interpellent et on peut se poser des questions.: soit que les données ne sont pas rigoureuses et donc il y a une erreur dans leur collecte, c’est une possibilité, soit que ce médicament a été donné à des doses toxiques (lorsqu’on donne des doses toxiques ce n’est pas que des effets secondaires mais on peut tuer tous les malades), soit que les précautions d’usage n’ont pas été observées pour éliminer les contre-indications pour les sujets qui ne peuvent pas supporter ce médicament, ou enfin les effets secondaires cardiologiques et donc les morts subites sont peut-être le fait direct du Coronavirus sur le cœur, donc des myocardites virales. A partir de là, les effets secondaires signalés à l’occasion du traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine nous paraissent tout à fait inattendus et nous interpellent».

Dr Moualek poursuit en soulignant qu’« il y a deux complications potentielles à ce médicament, ce sont des complications cardiologiques et des complications neurologiques. Au plan cardiologique, Il y a des malades qui ne peuvent pas le tolérer parce qu’ils ont des anomalies infra cliniques qu’on ne peut détecter qu’à l’électrocardiogramme (…) donc avant de prescrire, il faut bien entendu prendre la précaution de faire un électrocardiogramme de qualité et savoir le lire (…) ».

Notre interlocuteur explique dans les moindres détails la prise en charge des patients qui nécessitent l’utilisation de l’hydroxychloroquine et toutes les précautions qu’il faut prendre, ce qui permet la poursuite du traitement au long cours sans aucun problème, ce qui l’amène à une conclusion. « Nous sommes très surpris par des études qui retrouvent des pourcentages vraiment importants de complications et d’effets secondaires à ce traitement», conclu-t-il.

Rachida Merkouche

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