Décès du photographe de presse Zinedine Zebar : Une triste perte

Le monde de la photo de presse est en deuil. L’un de ses fils, parmi les plus talentueux, vient de décéder à l’hôpital  de Ben Aknoun emporté par la Covid-19.
Né en 1957 à Sétif, Zinedine Zebar a étudié à l’école de photographie de Paris et à l’Université Paris VIII. Dès 1988, il entame sa carrière de photographe-reporter au sein de l’Agence de presse parisienne, pour laquelle il réalise plusieurs reportages sur la vie sociale et politique en France. Dix ans plus tard, il se lance alors dans une carrière en freelance et met son talent au service de grands médias à l’image de VSD, Paris-Match, Le Point, Le Figaro, Le Parisien, El Ahram, Der Spiegel ou encore le Times.


Ces dernières années, il a effectué un retour aux sources, en posant son regard et son objectif sur les merveilles patrimoniales de l’Algérie. Parcourant le pays d’Est en Ouest et du Nord au Sud, il immortalise pour notre grand bonheur les plus beaux vestiges de notre vaste et riche pays.
Avec le journaliste et écrivain Mohamed Balhi, il réalisera un beau livre sur les phares d’Algérie, un travail de longue haleine à travers lequel il nous fera découvrir ces vigies de la côte algérienne, sublimées par sa sensibilité d’artiste photographe.


Curieux, infatigable, bouillonnant d’idées et de projets, celui que l’on surnommait le « photographe du ciel », nous régalait de belles prises de vue d’Alger dont il traquait les moindres rues et mouvements. Amoureux de la capitale, avec sa Casbah millénaire mais aussi des autres grandes villes d’Algérie surtout Oran, il travaillait sur de beaux projets, qu’il laisse malheureusement en chantier.
Toujours au cœur de l’action, il avait retrouvé l’effervescence et l’excitation de ses débuts dans le métier en couvrant les manifestations du « Hirak », accompagnant les « hirakistes », plusieurs vendredi durant. L’une de ses dernières « couvertures », c’était la première prière du vendredi à la Grande mosquée d’Alger, mosquée dont il avait suivi en photo et pendant plusieurs années l’évolution du chantier.


Sa disparition à l’âge de 63 ans a suscité une onde de choc parmi ses amis de la corporation. Sur les réseaux sociaux, les hommages ne cessent d’affluer depuis l’annonce de son départ subit et prématuré. Zinedine Zebar « Zinou » pour les amis était un véritable « personnage ». Joyeux, généreux, talentueux, modeste, discret, il était tout cela à la fois.
Adieu cher ami et sincères condoléances à tes proches.

Hassina Amrouni

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